Avion intercepté : l'Union européenne sanctionne et isole la Biélorussie

Biélorussie : l'Union européenne ferme son espace aérien

RÉACTION - L'Union européenne a annoncé, au cours d'un sommet à Bruxelles lundi, la fermeture de son espace aérien aux appareils biélorusses et réclame la "libération immédiate" du journaliste arrêté à Minsk où son avion a dû atterrir la veille.

Après les condamnations véhémentes, les sanctions. Réunis en sommet à Bruxelles ce lundi, les 27 Etats membres de l’Union européenne ont décidé de la fermeture de l’espace aérien aux avions de la Biélorussie, dont le régime est accusé d’avoir intercepté un avion de ligne de Ryanair pour arrêter un journaliste dissident. Un acte qui avait, dans la foulée, déclenché la colère de nombreux pays européens et, au-delà, de la communauté internationale.

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Espace aérien fermé

Les dirigeants de l’UE ont également recommandé aux compagnies européennes de contourner l’espace aérien de l’ancienne république soviétique, a ajouté le porte-parole du président du Conseil européen Charles Michel. Le Royaume-Uni et l’Ukraine avaient déjà placé la zone sur liste noire, tandis que les compagnies Lufthansa, SAS et Airbaltic avaient annoncé éviter le survol.

Près de 2.000 appareils empruntent chaque semaine l’espace aérien biélorusse pour des trajets commerciaux, a précisé l’organisation Eurocontrol. De son côté, la compagnie nationale Belavia dénombre une vingtaine de vols quotidien au départ ou à destination d’aéroports de l’Union.

Le Conseil appelle aussi à "élargir dès que possible la liste des responsables et entités" déjà visés par des sanctions. Environ 88 personnes, dont le chef de l’Etat Alexandre Loukachenko, et sept entités sont touchés par une interdiction de voyager dans l'UE et un gel des avoirs. Ces restrictions ont fait suite à la répression de l’opposition et la conduite de l’élection présidentielle du 9 août dernier, jugée "truquée" par l’Europe.

"Libération immédiate" exigée

De nouvelles mesures pourraient s’y ajouter, car "l’adoption d’autres sanctions économiques ciblées" est réclamée par les Vingt-Sept. Ils invitent le chef de la diplomatie Josep Borell et la Commission européenne "à soumettre sans délai des propositions à cette fin". Enfin, les dirigeants européens réclament "la libération immédiate" du journaliste et de sa compagne.

Roman Protassevitch et Sofia Sapéga avaient embarqué à bord d'un Boeing reliant Athènes à Vilnius dimanche. L’appareil a été dérouté sur Minsk, où le couple a été arrêté. L’ancien rédacteur en chef du média d’opposition Nexta est depuis détenu au sein de la capitale et risquerait la peine de mort, selon Svetlana Tikhanovskaïa, elle-même en exil en Lituanie.

L’UE réclame une enquête internationale sur le déroulé des faits. Elle est rejointe par l’OTAN, qui va réunir mardi ses ambassadeurs à ce sujet. L'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), qui dépend de l’ONU, a aussi planifié une réunion d'urgence jeudi matin. Elle estime que l’atterrissage forcé "pourrait être une violation de la Convention de Chicago". De son côté, la Biélorussie considère avoir agi selon le droit international et dit être disposée à coopérer à une enquête impartiale. 

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