Volcan Nyiragongo en RDC : dans l’angoisse d'une éruption, des dizaines de milliers d'évacués

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CATASTROPHE NATURELLE - Depuis samedi, des séismes secouent à intervalles réguliers la ville de Goma, au pied du volcan Nyiragongo, dans l'est de la République démocratique du Congo. Jeudi, les autorités ont ordonné l'évacuation de dizaines de milliers de personnes.

Les autorités de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), ont ordonné jeudi matin l'évacuation d'une partie de la ville du fait des risques d'éruption du volcan Nyiragongo, provoquant immédiatement l'exode de dizaines de milliers de personnes.

"Les données actuelles de la sismicité et de la déformation du sol indiquent la présence de magma sous la zone urbaine de Goma, avec une extension sous le lac Kivu", a déclaré, dans une adresse à la population sur les médias locaux, le gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu, le général Constant Ndima.

"On ne peut actuellement pas exclure une éruption à terre ou sous le lac (Kivu) qui pourrait advenir sous très peu voire sans aucun signe précurseur", a expliqué le général Ndima, citant les noms de dix quartiers de la ville.

"Des risques supplémentaires sont liés à l'interaction entre la lave et l'eau" du lac, a-t-il mis en garde, évoquant clairement le scénario catastrophe, bien connu et identifié pour le lac Kivu, d'un risque de déstabilisation du gaz sous le lac ("éruption limnique", dans le jargon des spécialistes).

"Ils sont de plusieurs natures", a-t-il énuméré : "interaction du magma avec l'eau du lac, déstabilisation du volume de gaz dissous sous le lac Kivu et émission de gaz en surface potentiellement dangereux".

Dans un tel scénario, "les gaz dissous dans les eaux profondes du lac montent, surtout le CO2, et asxphyxient tous les êtres vivants autour du lac Kivu du côté congolais et rwandais", selon une note récente du laboratoire de volcanologie de Goma (OVG), pour qui "il y aurait des milliers de morts" dans les deux pays.

"Le danger tend à s'éloigner"

Plus de deux cent cinquante séismes ont été enregistrés en trois jours à Goma, ville secouée par l'éruption du Nyiragongo dans l'est de la République démocratique du Congo, a indiqué mercredi 26 mai l'observatoire volcanologique local. "De samedi à mardi matin, plus de 269 tremblements de terre ressentis ont été enregistrés" par l'Observatoire volcanologique de Goma (OVG), indique cet organisme dans une note technique datée de mardi, dont l'AFP a eu copie.

Le séisme de plus grande ampleur enregistré a été ressenti mardi avec une "magnitude 5,2 sur l'échelle de Richter", a-t-il ajouté. Les séismes se sont poursuivis avec la même intensité ce mercredi dans la ville, où d'impressionnantes fissures étaient visibles sur le sol. Avec les nouvelles secousses, plusieurs de ces fissures se sont notablement élargies, gênant même par endroits la circulation automobile. Certains tremblements de terre particulièrement forts ont aussi provoqué l’effondrement de nouveaux bâtiments à étages et des lézardes sur les murs des habitations.

Devant la persistance des séismes, des centaines d'habitants ont recommencé à fuir en voiture la ville, prenant la route du sud-ouest vers la région du Masisi, ou la direction de la frontière avec le Rwanda qui jouxte le sud de la ville. Beaucoup ont embarqué tout au long de la journée au port de Goma pour se rendre par bateau à Bukavu, sur la rive du lac Kivu, et s'y mettre à l'abri. L'ONU a pour sa part annoncé "relocaliser" hors de Goma ses personnels non essentiels, internationaux et nationaux. La plupart des organisations internationales et ONG, nombreuses dans la ville, ont déjà discrètement fait de même.

Une sirène d'alerte déclenchée par erreur

A ce jour, le bilan est de 32 personnes mortes depuis l'éruption samedi, dont une dizaine asphyxiées par les gaz toxiques en s'aventurant sur la coulée de lave encore fumante. Dans une évaluation humanitaire, le Bureau des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) a fait état, parmi ces victimes, de 24 personnes brûlées par la lave, et par ailleurs de "40 adultes signalés disparus". Selon une évaluation humanitaire conjointe, entre 900 et 2.500 habitations ont été détruites. D'après l'Ocha, ce sont plus de 4.500 ménages (environ 20.000 personnes) qui se retrouvent sans abri, alors que "les secousses provoquent toujours la panique".

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Une panique alimentée mercredi après-midi lorsque la sirène d’alerte de l’OVG a été déclenchée dans une partie de la ville suite à "une erreur technique", alors que des techniciens de la Monusco (mission de l'ONU en RDC) étaient à pied d'oeuvre pour la remettre en fonctionnement après deux ans de panne. "Ils ont malheureusement touché les fils, ça a sonné", a expliqué un responsable de l’OVG, ajoutant : "il n'y a pas de problèmes, les gens ne doivent pas fuir".

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