Choléra, déplacés, pénurie d'eau... la RDC meurtrie par l'éruption du volcan Nyiragongo

Au République démocratique du Congo, le volcan Nyiragongo continue de pousser des milliers de personnes à prendre la route, notamment les 400 000 habitants de la ville de Goma, épargnés le week-end dernier, mais qui craignent une éruption majeure.

CATASTROPHE - Au moins 34 personnes sont mortes suite à l'éruption du volcan Nyiragongo le 22 mai. La lave a jeté des centaines de milliers de déplacés sur les routes.

Il n'y avait aucun signe avant-coureur, l'éruption a pris tout Goma de court. Le 22 mai dernier, le Nyiragongo, l'un des volcans les plus actifs d'Afrique, a jeté des centaines de milliers d'habitants de cette ville de 600 000 habitants de la prochaine du Nord-Kivu, au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), sur les routes de l'exode, certains jusqu'au Rwanda voisin. Deux immenses coulées de lave s'étaient échappées des flancs du volcan. Au moins 34 personnes y ont trouvé la mort, et plusieurs milliers d'habitations ont été détruites. Le début d'un effet domino qui emporte toute la zone, déjà meurtrie par trois décennies de violence et de combats entre des groupes armés. 

Parmi les multiples urgences qui se posent aux près de 400 000 déplacés par l'éruption, la question de l'accès à l'eau consommable s'avère la plus aigüe, selon les organisations humanitaires présentes sur place. La pénurie d'eau se fait sentir après qu'un réservoir d’eau qui alimente environ le tiers de la ville a été détruit par une des coulées de lave qui se sont enchaînées plusieurs jours durant. Ça a donc augmenté les risques de maladies hydriques, comme le choléra.

Dimanche, Médecins sans frontières (MSF) craignait  une flambée des cas de choléra dans les sites qui accueillent les déplacés  et a appelé à leur fournir une "assistance immédiate". "Le risque est élevé dans cette zone où le choléra est déjà endémique, a déclaré Magali Roudaut, chef de mission MSF en RDC, avec des populations qui bougent, ce serait une catastrophe."

L'évacuation, ordonnée par les autorités congolaises, s'est déroulée jeudi 27 mai dans la précipitation, sans organisation apparente ou soutien logistique au point que le gouvernement, sous le feu des critiques pour sa gestion de la catastrophe,  reconnaît qu'"il est difficile d'avoir le nombre exact de déplacés pour organiser une prise en charge efficace".

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Samedi, le président congolais Félix Tshisekedi assurait que la situation, "grave" selon ses mots, était néanmoins "sous contrôle". Si l'activité du volcan semble s'être calmée ces derniers jours, le risque de nouvelles coulées de lave est encore présent. Les autorités congolaises déconseillent toujours les habitants des faubourgs nord de Goma, sinistrés, de revenir dans la ville, qui se situe à 10 kilomètres à peine du cratère.

Des experts ont averti sur la possible présence de magma sous la zone urbaine. Dimanche, près de 90 tremblements de terre avaient été enregistrées dans les dernières 24 heures selon les informations de CNN. L'Observatoire volcanique de Goma (OVG) liste désormais trois scénarios pour les jours à venir: "le magma reste sous terre sans éruption", avec ou sans la poursuite des secousses; ou les tremblements de terre se poursuivent et la lave réapparaît sur la terre ferme, possiblement dans les fissures qui fracturent le sol de la cité. Une quatrième hypothèse catastrophe, celle d'un "glissement de terrain ou un grand tremblement de terre déstabilisant les eaux profondes du lac et provoquant l'émergence de gaz dissous", est désormais jugée "beaucoup moins probable", mais "ne peut être exclue".

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