Volontaire de retour du front d'Ebola : "J'ai senti un peu d'appréhension chez mes proches"

Volontaire de retour du front d'Ebola : "J'ai senti un peu d'appréhension chez mes proches"

DirectLCI
TEMOIGNAGES - Un an après le début de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, et à l'occasion de la journée mondiale des volontaires, metronews publie une série de témoignages de ceux qui se battent au quotidien pour endiguer la contagion du virus.

Sa mission dans une antenne médicale d'une petite ville du nord du Libéria, au plus près du virus Ebola, ne lui a pas déplu. Mais fin octobre, quelques semaines après son retour de mission, Jérôme Guillaumot se disait "content d'avoir retrouvé un contexte de vie normal" : "J'ai dormi, j'ai mangé, j'ai repris des forces. Mais je ressens encore les séquelles..."

"17 à 18 heures par jour"

Sur place, ce volontaire de MSF âgé de 30 ans était responsable de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement d'un centre de santé. Les journées de travail s'enchaînaient, "de 17 à 18 heures par jour", avec un seul jour de congé pris en six semaines. Une "no control mission", dans le jargon des volontaires, durant laquelle, pour des raisons de sécurité, il n'a touché personne directement. Pas une seule poignée de main.

EN SAVOIR + >> Volontaires sur le front d'Ebola : "Il faut rester conscient du risque"

Autant dire que quand sa mère est venue le chercher à l'aéroport de Marignane pour le ramener à Mimet (Bouches-du-Rhône), où il réside habituellement, Jérôme y a réfléchi à deux fois avant de l'embrasser. "Ça m'a fait un choc d'avoir un premier contact physique avec ma famille et mes amis. Ça m'a délivré", raconte-t-il.

A son retour en France, l'appréhension

Durant les trois premières semaines, il avait l'obligation de rester à proximité d'un hôpital. Au cas où le virus aurait voyagé avec lui. "J'ai senti un peu d'appréhension chez mes proches. L'impact médiatique a été tellement énorme en Europe qu'on en paie les frais en rentrant. Certains se demandaient s'ils pouvaient me serrer la main sans prendre de risque", se souvient-il.

EN SAVOIR + >> Volontaire en partance pour le front d'Ebola : "J'aurais eu honte d'avoir eu peur"

Son prochain retour aura lieu juste avant Noël. Car oui, Jérôme est reparti en Guinée entretemps, pour la Croix-rouge française cette fois. "C'est addictif ! C'est important d'y retourner, car notre travail permet de sauver beaucoup de vies."

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter