Volontaire en partance pour le front d'Ebola : "J'aurais eu honte d'avoir eu peur"

Volontaire en partance pour le front d'Ebola : "J'aurais eu honte d'avoir eu peur"

DirectLCI
TEMOIGNAGES - Un an après le début de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, et à l'occasion de la journée mondiale des volontaires, metronews publie une série de témoignages de ceux qui se battent au quotidien pour endiguer la contagion du virus.

Yasser Bouklouch a 28 ans. Le 19 novembre, ce Marseillais a rejoint les équipes de MSF qui combattent le virus Ebola à Monrovia, la capitale du Libéria. Une première pour lui. "C'est différent des missions que j'ai effectuées en zone de conflit, comme au Soudan, au Congo ou au Nigeria, où on risque d'être kidnappé ou blessé par balles", expliquait-il quelques heures avant de partir. "Ebola c'est plus dangereux car on ne voit pas la menace. Il faut être concentré en permanence. On n'a pas le droit à l'erreur."

"Si je n'y vais pas, ces pauvres gens sont seuls"

Jusqu'à début janvier, ce pharmacien est chargé d'y évaluer les besoins en médicaments des différentes unités au contact des malades, afin de limiter le gaspillage. "Quand on m'a proposé cette mission j'ai directement accepté. Je voulais absolument en faire partie. Si personne n'y va, ces pauvres gens se retrouveront tous seuls à gérer l'une des plus violentes épidémies de ces dernières années."

EN SAVOIR + >> Volontaires sur le front d'Ebola : "Il faut rester conscient du risque"

Certains volontaires déclinent ces missions, par peur pour eux-mêmes ou leurs familles. « A un moment il faut avoir le courage de prendre le risque et y aller. Mes proches savent où je vais, même si j'essaie de ne pas leur donner trop de détails", confie-t-il. La veille de son départ, un ami lui a dit qu'il était "fou" de partir là-bas. "MSF est une des organisations les plus sérieuses sur le terrain. Plus de 600 volontaires y sont allés et revenus", se rassure-t-il, "j'aurais eu un peu honte d'avoir eu peur d'Ebola". Avec une motivation supplémentaire : "pouvoir raconter cette nouvelle aventure à mes futurs petits-enfants."

EN SAVOIR +
>>
Volontaire de retour du front d'Ebola : "J'ai senti un peu d'appréhension chez mes proches"

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter