Volontaires sur le front d'Ebola : "Il faut rester conscient du risque"

Volontaires sur le front d'Ebola : "Il faut rester conscient du risque"

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TEMOIGNAGES - Un an après le début de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, et à l'occasion de la journée mondiale des volontaires, metronews publie une série de témoignages de ceux qui se battent au quotidien pour endiguer la contagion du virus.

Voilà déjà un an que sévit en Afrique de l'Ouest la pire épidémie d'Ebola depuis l'émergence du virus en 1976. En Guinée, en Sierra Leone et au Libéria – les principaux pays touchés – plus de 6000 personnes ont succombé à la maladie, et la situation sur place ne semble toujours pas maitrisée. Ce bilan aurait sans doute été plus lourd sans l'intervention de milliers de volontaires partis combattre la maladie sous l'étendard d'organisations humanitaires.

A l'occasion de la journée mondiale des volontaires, nous avons demandé à quatre d'entre eux, employés de Médecins sans frontières (MSF), de décrire comment ils se préparent à partir en mission, comment ils vivent au quotidien en prise directe avec le virus, et ce qu'ils ressentent à leur retour. Voici quatre vies, sur le front d'Ebola.

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"Les conditions de vie sont satisfaisantes"

Mission oblige, c'est dans le comté de Lofa, au nord du Libéria, que Gérard Bedock a soufflé ses 62 bougies fin octobre. "Drôle d'endroit pour fêter ça, mais on a quand même réussi à trouver une bonne bouteille de whisky !", sourit-il. Cet employé de la section suisse de MSF, rompu aux missions humanitaires, y a été envoyé quinze jours, après avoir déjà passé cinq semaines en Guinée, le foyer de l'épidémie. Une mission qui ne lui "a pas causé de stress particulier".

Il faut dire que Gérard n'était pas au contact direct avec les malades. Lui formait les personnels de MSF au "respect absolu" des protocoles de sécurité. "On rappelle les modes de transmission de la maladie, les moyens de prévention et de protection. Une infinité de petits détails essentiels". En parallèle, il sensibilisait les autres acteurs (employés du système de santé du pays, personnels d'autres ONG) participant à la lutte contre le virus : traitement de l'eau, soins des malades, suivi de ceux qui ont été en contact avec eux, sensibilisation de la population...

Un travail passionnant, selon lui : "Il y a beaucoup de boulot et on habite à plusieurs dans une même chambre, mais les conditions de vie sont satisfaisantes." Menace du virus oblige, Gérard se lave les mains des dizaines de fois par jour à l'eau chlorée. Il en rigole : "Je n'ai jamais été aussi propre !"

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"Il faut rester conscient du risque"

Vincent Leray, 43 ans, a déjà sept mission Ebola dans la région à son compteur. Après quelques semaines de repos, il a été renvoyé il y a plus d'un mois à Kailahun, dans l'Est de la Sierra Leone, où il supervise les équipes chargées d'évacuer les cadavres et de nettoyer les personnes et les zones contaminées. "Notre camp est presque une ville à part entière, avec une vingtaine de toilettes et de douches et 10 m3 d'eau distribués par jour."

Malgré ses 15 ans de métier, Vincent confie avoir toujours « des appréhensions » : "Il faut rester conscient du risque auquel on s'expose soi-même et les collègues. Le stress, c'est sain et normal." Ce qui l'a motivé ? "Être dans le vif du sujet, accompagner les malades et aider à vaincre l'épidémie", raconte-t-il.

Ce volontaire a déjà pu observer les résultats de la présence humanitaire. "Deux petites filles contaminées par le virus ont été sauvées, assure-t-il. La population est désormais habituée à notre présence et sait quoi faire pour limiter la propagation du virus." Lorsqu'il était en Guinée au début de l'intervention, l'accueil réservé aux volontaires étrangers était "un peu rock'n'roll". Mais aujourd'hui, les gens lui disent merci.

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