"Vous vous moquez de qui?" Après la sidération, la colère grandit chez les Beyrouthins

"Vous vous moquez de qui?" Après la sidération, la colère grandit chez les Beyrouthins
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ECOEUREMENT - Au lendemain de la catastrophe qui a dévasté leur ville, les Beyrouthins sont à la fois sidérés et en colère à l'image de Laurent Kupélian. "Comment une telle quantité de nitrate d'ammonium a-t-elle pu être stockée dans le port ?", interroge-t-il.

"Le quartier est méconnaissable. Ce sont des rues où on avait l’habitude, de vivre, de sortir, de faire des choses de la vie de tous les jours". Au lendemain de la catastrophe qui a dévasté Beyrouth, Laurent est - comme la ville entière - meurtri, sonné et même incrédule face à ce qui ressemble à un cauchemar pourtant bien réel. On a "l'impression d’assister au lancement d’un nouveau jeu de guerre", explique -t-il pour exprimer sa sidération. "Ce n'est pas quelque chose que quelqu'un devrait voir." 

Après le choc, vient désormais l'heure du bilan. "On a dormi quelques heures? Hier soir, on a pu joindre nos proches, mais ce matin, on se lève avec d'autres témoignages, d'autres proches qui n'ont pas eu cette chance là."  

Dans l'air de la ville flotte une odeur de gaz brûlé."L’air est chargé d’acide nitrique", assure-t-il avec appréhension sur les conséquences d'un éventuel nuage toxique en raison de la combustion de substances chimiques. Un problème qui s'ajoute à un système hospitalier sous-tension dans un pays déjà largement éprouvé par plusieurs crises qui se cumulent : économique, politique, sociale et, plus récemment, sanitaire avec l'épidémie de Covid. "On ne sait plus où donner de la tête", se désespère t-il. 

"Vous vous moquez de qui ?"

Mais au delà de l'émotion, Laurent Kupélian exprime aussi une colère qui gronde envers une classe politique discréditée aux yeux de beaucoup d'habitants. "Aujourd’hui ce n’est plus de la colère, ce n'est plus de la résignation" mais bien plus que cela. Il interpelle les dirigeants du pays qui "s’expriment avec des grands mots, chacun jure sur sa religion… Mais c'est vous qui êtes censés être responsable", rétorque-t-il en réponse aux propos du Premier ministre qui, quelques heures après la catastrophe avait promis de "punir les coupables" ." Comment un chargement aussi important de nitrate d’ammonium a-t-il pu être stocké dans de telles conditions depuis 2014 ? Vous vous moquez de qui ?" 

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Avant de retrouver les rues jonchées de débrits dans la moitié de la ville, Laurent conclut avec émotion : "On aimerait donner une autre image de notre pays à l’international plutôt que de faire la une des journaux pour une crise économique ou, désormais, une explosion."  

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