#NotSurprised : 7000 femmes du monde de l'art signent une lettre ouverte contre le harcèlement sexuel

#NotSurprised : 7000 femmes du monde de l'art signent une lettre ouverte contre le harcèlement sexuel

International
SEXISME - De New-York à Madrid en passant par Paris et Singapour, des professionnelles du milieu de l'art, dénoncent, ce mardi les agissements dont elles sont victimes.

Dans le milieu de l'art, les victimes aussi commencent à raconter leurs expériences de harcèlement sexuel. Ce mardi matin, elles sont plus de 7000 à avoir signé une pétition pour dénoncer l'omerta qui règne dans les galeries. 


"Nous sommes artistes, administratrices, assistantes, curatrices, critiques d’art, directrices, éditrices, étudiantes, galeristes, chercheurs, stagiaires et universitaires travaillant dans le monde de l'art contemporain, et nous avons été victimes d'attouchements, rabaissé·e·s, harcelé·e·s, infantilisé·e·s, méprisé·e·s, menacé·e·s et intimidé·e·s par celles et ceux en position de pouvoir", écrivent les signataires.


Cette lettre ouverte, intitulée "Not surprised" ("Pas surprises", ndlr), fait référence à une oeuvre de Jenny Holzer, connue pour ses installations en formes de déclamations magistrales: "Abuse of power comes as no surprise" ("L'abus de pouvoir n'est pas surprenant").

Une plainte déposée

Cette initiative a commencé en réaction à la démission la semaine dernière de Knight Landesman, co-directeur du magazine ArtForum, l'un des plus influents du monde de l'art. Il est accusé de harcèlement sexuel dans une plainte déposée dans l'Etat de New-York par une ancienne employée d'Artforum, Amanda Schmitt, qui fait aussi référence à des allégations de harcèlement contre huit autres personnes. 


"Il est urgent de partager nos témoignages sur le sexisme normalisé, les traitements inégaux, les conduites inappropriées, et le harcèlement sexuel dont nous faisons l'expérience régulièrement, de manière généralisée et avec intensité", poursuit la lettre ouverte.

" On avait toutes eu des expériences de ce genre "

"Nous [...] appelons les institutions artistiques, les instances gouvernementales culturelles ainsi que tous nos collègues à s'interroger sérieusement sur la manière dont ils ou elles jouent, ou ont pu jouer, un rôle dans la perpétuation des inégalités entre les sexes et des abus pré-cités et, surtout, à la façon dont ils ou elles comptent gérer ces problèmes dans le futur".


"Le cas Harvey Weinstein a ouvert la brèche dans plein d'autres milieux", et à la suite de la démission de Knight Landesman "on s'est rendu compte qu'on avait toutes eu des expériences de ce genre", a expliqué à l'AFP Martha Kirszenbaum, une commissaire d'expositions et l'une des cent premières signataires de la lettre.

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