WHAT'S UP AMERICA (1/7) - Un an après sa victoire, qui sont ces électeurs toujours fans de Donald Trump ?

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PARTISANS – Un an après l'élection de Donald Trump, le 8 novembre 2016, à la Maison Blanche, LCI vous propose de faire le point sur différents aspects de l'Amérique de Trump. Et s’il est le président le plus impopulaire de l’histoire récente des Etats-Unis, Donald Trump peut néanmoins compter sur une base d’indéfectibles supporters. Qui sont-ils ? Éléments de réponse.

"Ce n’est plus 'America First' mais 'Trump’s America First', l’Amérique de Trump d’abord." Comme Soufian Alsabbagh, auteur de "La nouvelle droite américaine" (éd. Demopolis), nombre d'observateurs de la politique américaine s'interrogent quant à la politique menée par Donald Trump depuis qu'il est arrivé aux commandes des Etats-Unis. Une politique qui donne parfois l’impression de ne se concentrer que sur ses plus fervents partisans, dont la satisfaction reste au plus haut. S'il est le président le plus impopulaire de l’histoire récente des Etats-Unis un an après son élection (voir l'infographie ci-dessous) avec une cote inférieure à 38% selon les derniers sondages, le 45e locataire de la Maison-Blanche peut toujours compter sur ses fidèles électeurs. 

"Il a une popularité historiquement basse, mais l’Amérique est profondément clivée – ce que Trump entretient – entre ses partisans et les autres", juge Marie-Cécile Naves, cofondatrice du site chronik.fr et chercheuse à l’Iris. "La masse des gens indifférents est très faible, il y a vraiment les opposants contre les supporters." Un constat que partage Soufian Alsabbagh. "La cote de popularité de Trump est soutenue par 25% de supporters et, quoi qu’il arrive, ne changera pas", embraye cet expert du parti républicain. "Comme il l’a dit lui-même, s’il tirait sur quelqu’un au milieu de la 5e avenue, eux continueraient à être derrière lui." 

Une base quasi-exclusivement blanche

Mais qui sont ces "fans" ? Où se trouvent-ils aux Etats-Unis ? Sur quoi se fonde leur soutien sans faille ? Hétérogène, cette masse de citoyens satisfaits de l’action présidentielle – quelque 85 millions de personnes – partage néanmoins des traits communs et une vision similaire de la société américaine. "On retrouve cette base d’ouvriers blancs de la Rust Belt ou des Etats du sud mais aussi les électeurs républicains traditionnels qui trouvent leur intérêt dans une politique fiscale libérale", explique Marie-Cécile Naves. Comme le montre la carte ci-dessous, c’est bien dans ces régions, ainsi que dans les Grandes Plaines, que subsistent le plus de pro-Trump, même si là aussi leur nombre a baissé. Des territoires essentiellement industriels et ruraux, où un sentiment d’abandon et de déclassement s’est instillé ces dernières années. 

"Il est arrivé à convaincre les gens de sa base, quasi-exclusivement blanche et de forte composante populaire, qu’il était leur voix, la voix du peuple", souligne Corentin Sellin, historien spécialiste de la politique américaine. "Il leur a dit 'Je suis votre homme, je parle comme vous, je suis grossier, j’emmerde les élites de Washington et je n’ai pas le temps de faire du politiquement correct'. Il a réussi à redonner une représentation politique à ces personnes de la 'working class' blanche qui ne votaient plus." Et c’est d’ailleurs vers cette foule d’individus, parfois qualifiée de "majorité silencieuse" durant la campagne, que se concentre aujourd’hui encore l’attention de Donald Trump. Si bien que, parmi les Américains l'ayant élu, seuls les plus modérés semblent s'être détournés de lui.  

Trump ne pense qu’à sa petite pomme et aux avantages immédiats qu’il peut tirerSoufian Alsabbagh, spécialiste de la droite américaine

"On a l’impression qu’il ne gouverne que pour cette population acquise, en choisissant systématiquement les mesures les plus clivantes et les thèmes les plus nationaux-identitaires, comme lors des événements de Charlottesville, pour que la base lui reste soudée", poursuit Corentin Sellin. "Les seules promesses qu'il a tenues, souvent à l’international – "Travel Ban", retrait du traité transpacifique et de l’accord de Paris sur le climat – d’ailleurs, sont celles qui visent à plaire à son électorat." Politique étrangère, politique intérieure, aucune action du président n'échappe à cette stratégie. "Pourquoi s’attaque-t-il au Mexique, à l’Iran, à la Corée du Nord ? Parce que son électorat le demande", estime Soufian Alsabbagh. "À l’international comme sur le reste de son action, Trump ne pense qu’à sa petite pomme et aux avantages immédiats qu’il peut tirer."

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