WHAT'S UP AMERICA (7/7) – La justice américaine peut-elle pousser Donald Trump vers la sortie ?

TRIBUNAUX – Un an après l'élection de Donald Trump, le 8 novembre 2016, à la Maison Blanche, LCI vous propose de faire le point sur différents aspects de l'Amérique de Trump. Donald Trump s’est plusieurs fois heurté à la justice dans l’application de sa politique. Mais c’est surtout l’enquête judiciaire sur ses liens présumés avec la Russie avant son accession au pouvoir qui focalise l’attention. De là à causer sa perte ? L'hypothèse n'a rien de fantasque.

Un président sur la sellette ? Depuis son élection il y a un an, le 8 novembre 2016, Donald Trump n’a pas connu beaucoup de répit si l’on se réfère à ses démêlés judiciaires sur ses liens présumés troubles avec la Russie avant son arrivée à la tête des Etats-Unis. Pour l’instant par ricochet (trois membres de son équipe de campagne ont été récemment inculpés). Une situation qui a plusieurs fois mis sur le tapis la question d’une éventuelle destitution. Sans même parler des retoquages ou ralentissements de certaines décisions emblématiques (décret anti-immigration, interdiction des transgenres dans l’armée, relance d’un projet d’oléoduc), la relation tumultueuse entre l’exécutif et le troisième pouvoir semble plus que jamais tumultueuse. 


"Depuis l'été 2016, le FBI enquête sur l'ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016. Cette enquête a évolué et intègre maintenant la possibilité d’une coordination entre ces efforts russes et des individus associés à la campagne Trump tout comme les possibles tentatives d’obstruction aux investigations du FBI", détaille la Brookings Institution, prestigieux think tank américain, dans une récente publication s’interrogeant sur une éventuelle entrave à la justice orchestrée par la présidence. Jugeant "peu convaincants" les arguments de défense du chef de l’Etat, les auteurs du texte estiment nécessaire de "se préparer aux turbulences qui risquent de se produire". Bien que, rappellent-ils, il n’y ait à ce stade pas de lien prouvé "entre l'ingérence russe et les multiples contacts que les proches de Donald Trump ont eu avec des responsables russes et des individus étroitement liés au gouvernement russe". 

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Ingérence russe dans la campagne américaine : le point sur l'enquête

Rattrapé par le renvoi du directeur du FBI ?

En attendant de le savoir, l’enquête conduite par le procureur spécial Robert Mueller continue. Nommé après le renvoi le 9 mai dernier de l’ex-directeur du FBI, James Comey, le magistrat indépendant de 73 ans entend bien mener cette procédure aussi sensible que tentaculaire à son terme. Pas après pas. Outre les poursuites engagées le 30 octobre contre trois membres de l’équipe du magnat de l'immobilier (Paul Manafort, Richard Gates et George Papadopoulos), le procureur Mueller cherche à faire la lumière autour du limogeage brutal de James Comey, qui était chargé de l’enquête avant lui. Pour nombre d’observateurs, c’est sur ce volet que Donald Trump joue le plus gros. Le président avait notamment reconnu avoir congédié le patron de la police fédérale à propos de "ce truc avec la Russie". 


Problème : lors d'une audition au Sénat restée dans les mémoires, Comey révèle que Trump lui a demandé d'abandonner l'enquête sur son ex-conseiller, le général Michael Flynn, débarqué en février pour avoir caché ses conversations avec l’ambassadeur russe Sergueï Kislyak (qu'ont également rencontré le ministre de la Justice, Jeff Sessions, qui s'est auto-récusé de toute enquête sur la Russie, ou le gendre de Trump, Jard Kushner). "Les tentatives d'arrêter une enquête représentent une forme d’entrave. Exiger la loyauté d’une personne impliquée dans une enquête, demander l'aide à cette personne pour mettre fin à l'enquête, puis finalement la renvoyer pour finalement atteindre l’objectif sont le type d'actes qui ont souvent abouti à des condamnations", écrit encore la Brookings Institution. "En outre, dans la mesure où la conduite peut être qualifiée de menaçante, d'intimidante ou de corruptrice, cela peut également constituer un motif supplémentaire d'accusation." S’il les a invariablement qualifiés de "fake news", force est de constater que Donald Trump voit les soupçons autour de lui se renforcer et l’étau se resserrer. 


De là à finir destitué via une procédure d’impeachment (mise en accusation) ? Seules les conclusions de l’enquête permettront d’en dire plus et de savoir si les parlementaires américains sauteront le pas. "L’entrave à la justice, la conspiration et la condamnation pour un crime fédéral ont déjà été considérées par le Congrès comme des raisons valables de destituer un président dûment élu de ses fonctions", souligne l’institut tout en précisant, encore une fois, qu’il est "prématuré" de dire que Donald Trump sera concerné. Tout le monde n’est pas aussi prudent. Fin août, l'auteur des mémoires du milliardaire ("The Art of Deal", publié en 1987), Tony Schwartz, suggérait ainsi que le président allait démissionner avant que les enquêteurs "ne lui laissent aucune alternative". Peut-être même avant la fin de l'année. 

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