WHAT'S UP AMERICA – Un an après la présidentielle, comment vont les Etats-Unis de Donald Trump ?

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DÉCRYPTAGE – Politique intérieure et étrangère, économie, droits des femmes et des minorités, justice… Tout au long de la semaine, à travers une série d’articles, LCI fait le point sur la situation de l’Amérique un an après la victoire surprise de Donald Trump lors de l’élection présidentielle du 8 novembre 2016.

Les Etats-Unis ont-ils changé ? Un an après le séisme planétaire provoqué par la victoire de Donald Trump face à Hillary Clinton lors de l’élection présidentielle du 8 novembre 2016, LCI vous propose, à travers une série d’articles publiés tout au long de la semaine, de faire le point sur la situation de l’Amérique selon divers aspects grâce à l’analyse de chercheurs et de spécialistes. Car si le milliardaire n’est effectivement aux commandes du pays que depuis la cérémonie d’investiture du 20 janvier dernier, ces premiers mois au pouvoir sont néanmoins riches d’enseignements. 


"Ce n’est plus 'America First' mais 'Trump’s America First', l’Amérique de Trump d’abord", décrypte Soufian Alsabbagh, l’un des experts interrogés, jugeant que le 45e président des Etats-Unis a souvent laissé l’impression de ne gouverner que pour ses plus fervents partisans. En politique intérieure, bien sûr, notamment après les événements marquants de Charlottesville, lorsqu’il avait renvoyé dos à dos suprématistes blancs proches du Ku Klux Klan et militants anti-racistes. Mais aussi en politique étrangère, où ses décisions, tant sur le climat, la Corée du Nord ou le nucléaire iranien, semblent avant tout destinées à plaire à ses partisans, sans se soucier de l’apparente détérioration de l’image de l’Amérique dans le monde.

Tweets tous azimuts, erreurs en tout genre

Outre sa propension frénétique et inédite pour un chef d’Etat à utiliser Twitter, Donald Trump n’a pas manqué d’enchaîner les bourdes – comme lorsqu’il avait confondu l’Irak et la Syrie – et les dérapages pour le plus grand bonheur des "late shows". Moqué pour ses gaffes, mais aussi ses innombrables parties de golf (au moins 76 depuis le début de son mandat selon NBC News) ou ses séjours à répétition dans ses propriétés de luxe avec son épouse, Melania Trump, le locataire de la Maison-Blanche a plusieurs fois soulevé des questions sur l’authenticité de son travail. "On voit bien que cette année faite d’une succession de polémiques, de comportements totalement atypiques pour un président des Etats-Unis – jouer au golf tous les weekends, insulter des gens sur Twitter, etc. – cache un certain vide", estime l’historien Corentin Selin. "Il y a un contraste entre cette agitation et le concret."


De fait, malgré de multiples décrets (quelques fois retoqués par la justice d’ailleurs, comme le célèbre "Travel ban" anti-immigration), l’action concrète de Donald Trump reste pour l’heure limitée. Ce qui n’empêche pas les inquiétudes d’une partie de la société, déterminée à ne pas se laisser faire. Les femmes, qui ont vu leurs droits attaqués – l’avortement en particulier – au cours de ces premiers mois et craignent déjà l’impact de l’ultraconservateur Neil Gorsuch à la Cour suprême, s’étaient ainsi rassemblées en défi à la présidence lors de la gigantesque Women’s March du mois de janvier. "Il y a un événement récent qui a montré que les choses pouvaient bouger : l’échec du projet de réforme de la santé de Trump, dû à un lobbying efficace de la population auprès de parlementaires de tout bord, notamment de républicains qui ont voté contre", explique Marie-Cécile Naves, chercheuse à l’Iris. "On a vu que des groupes, des associations de femmes par exemple, avaient réussi à faire pression sur leurs élus."

L’enquête sur la Russie comme épée de Damoclès

Symbole des difficultés rencontrées pour faire appliquer sa politique, l’abrogation ratée de l’Obamacare fut aux déceptions de Donald Trump ce que l’économie est à ses satisfactions. Rappelant en boucle les bons résultats du pays en la matière (chômage au plus bas, croissance stable et cours boursiers au plus haut), le président américain a su tirer profit d’une situation déjà bonne. De quoi atténuer la portée de sa vantardise ? "Ce n’est pas vraiment grâce à Trump", souligne Corentin Sellin. "Il a hérité d’une situation, en janvier dernier, qui était déjà plus ou moins celle-ci, même si, au moins, il a eu le mérite de ne pas trop la bousculer pour l’instant." Prévue pour les prochaines semaines, la grande réforme de la fiscalité et ses baisses d’impôts sont pour le moins attendues.

Tout comme les suites des investigations sur l’ingérence russe dans la campagne américaine et sur les liens présumés troubles entre l’entourage de Donald Trump et des émissaires du Kremlin. Épée de Damoclès au-dessus de la tête du Commander in chief, l’enquête conduite par le procureur spécial Robert Mueller depuis le renvoi brutal de l’ex-directeur du FBI, James Comey, le 9 mai dernier pourrait finir par ébranler le pouvoir. De là à voir le président destitué ? Si la Brookings Institution souligne dans une étude que rien ne permet de l’affirmer à ce stade, l’hypothèse n’a rien de fantasque.

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