#WhyIDidntReport : des milliers de victimes d'agressions sexuelles expliquent à Trump pourquoi elles n'ont pas porté plainte

International
RÉACTIONS - En reprochant à Christine Blasey Ford d'avoir attendu tant d'années avant de dénoncer Brett Kavanaugh, candidat à la Cour Suprême adoubé par Trump, le président des Etats-Unis a déclenché un raz-de-marée d'explications de victimes de viol et d'agressions sexuelles.

C'est l'affaire qui agite les Etats-Unis et qui pourrait faire basculer la Cour Suprême. Brett Kavanaugh, candidat de Donald Trump, est accusé d'agressions sexuelles par une universitaire, Christine Blasey Ford. Pour tenter de discréditer son témoignage, Donald Trump a reproché à Christine Blasey Ford de ne pas avoir porté plainte suite à l'agression sexuelle dont elle dit avoir été victime. En réaction, des milliers de personnes ont expliqué sur Twitter les raisons pour lesquelles elles n'avaient pas alerté les autorités pour les cas de viols et d'agressions sexuelles, qu'elles ont subies. 


Avec le hashtag, #WhyIDidntReport" ("Pourquoi je n'ai pas porté plainte") des dizaines de milliers de victimes ont déclenché une mini-tornade sur le réseau social. Un mot-clé qui fait écho à celui lancé l'année dernière, le devenu célèbre, #Metoo ("moi aussi"). 

C'est Alyssa Milano qui a lancé le mot-clé, en milieu de journée, ce vendredi, aux Etats-Unis. "J'ai été agressée sexuellement deux fois, une fois adolescente. Je n'ai jamais porté plainte à la police et il m'a fallu 30 ans pour en parler à mes parents. Si d'autres victimes d'agressions sexuelles veulent ajouter à ce témoignage, faites-le en répondant", a tweeté Alyssa Milano, avant de proposer le nouveau hashtag, #whyididntreport.

Ashley Judd a embrayé peu après, pour raconter comment ses récits d'abus puis de viol subi à l'adolescence avaient été fustigés par ses proches. "La première fois, j'avais 7 ans. Je l'ai dit aux premiers adultes que j'ai vus. Ils m'ont répondu que c'était un vieil homme gentil et que ce n'était pas ce que cela semblait être. Alors quand j'ai été violée une seconde fois, à 15 ans, la seule personne à qui le j'ai dit, c'est mon journal intime. Quand un adulte l'a lu, elle m'a accusé d'avoir eu des relations sexuelles avec un adulte", a écrit l'actrice. 

Gretchen Whitmer, candidate démocrate au poste de gouverneur du Michigan, a, elle aussi , expliqué pourquoi elle n'avait pas porté plainte. "Parce que j'avais 18 ans, j'étais effrayée, je pensais que personne n'allait me croire, parce que je ne savais pas où aller, je connaissais mon agresseur, cela aurait brisé le coeur de mes parents, je ne voulais pas être définie comme étant la victime d'un acte criminel", a écrit la politicienne. 

L'actrice Mira Sorvino, elle aussi, a expliqué la raison pour laquelle, elle avait gardé le silence. "Parce que la première fois, rien n'a été fait et plus tard, j'ai pensé que je n'étais pas assez importante pour le faire. J'avais tort". 

Des milliers de témoignages d'internautes ont afflué dans la lignée des témoignages de ces personnalités publiques. 

La journaliste du Washington Post, Abigail Haulnohner écrit pour sa part : "J'avais 17 ans, violée par un ami. J'étais confuse. Dans le déni. Effrayée. Ses parents étaient plus riches et avec plus de réseaux que les miens. C'était un bon élève, tout le monde l'appréciait. La seule personne à qui j'en ai parlé m'a dit qu'"il n'avait pas voulu faire cela". Je pensais que personne ne pourrait m'aider".

L'association Rainn, qui vient en aide aux victimes a d'ailleurs expliqué dans des tweets, quelques-unes de ces très nombreuses raisons. 

"La peur des représailles", "l'idée que la police ne peut rien faire", "celle qui fait que ce n'est pas très important", "ne pas vouloir que l'agresseur soit mis en difficulté"... Autant de raisons qui reviennent régulièrement, dans les justifications des victimes. 

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