Pulsions suicidaires, hallucinations, symptômes psychotiques... la détention de Julian Assange se complique

Pulsions suicidaires, hallucinations, symptômes psychotiques... la détention de Julian Assange se complique
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ROYAUME-UNI - Le fondateur de WikiLeaks s'est plaint d'entendre de la musique et des voix imaginaires en détention et présente des pulsions suicidaires, a déclaré mardi un psychiatre l'ayant examiné.

"Tu es poussière, tu es mort nous venons te chercher." Voici les propos qu'une "voix" aurait tenu à Julian Assange. C'est en tout cas que le fondateur de WikiLeaks, actuellement en détention à Londres, affirme. Une situation qui inquiète le psychiatre l'ayant rencontré : le médecin assure que l'Australien présente également des pulsions suicidaires.

Pour Michael Kopelman, qui s'exprimait ce mardi devant la cour criminelle d'Old Bailey, à Londres, après s'être entretenu une vingtaine de fois avec Julian Assange, celui-ci présente un risque de suicide "très élevé" s'il devait être extradé vers les États-Unis. Le pays souhaite en effet le juger pour la diffusion de centaines de milliers de documents confidentiels. 

Sa compagne redoute elle aussi un suicide

Le psychiatre a en outre mentionné la "dépression sévère" et les "symptômes psychotiques" de Julian Assange, dont des hallucinations auditives. Ces pulsions suicidaires "proviennent de facteurs cliniques (...)  mais c'est l'imminence de l'extradition qui déclenchera la tentative", a déclaré le psychiatre, estimant que son état "se détériorera considérablement" s'il est extradé.

Ce n'est pas la première fois que les conditions de détention du fondateur de WikiLeaks sont mises en cause : elles avaient déjà été dénoncées par le rapporteur de l'ONU sur la torture. La compagne de Julian Assange, Stella Moris, a elle aussi exprimé ses craintes qu'il ne se suicide, laissant leurs deux jeunes fils sans père. 

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Julian Assange avait été arrêté en avril 2019 après sept ans derrière les murs de la représentation diplomatique équatorienne, où il s'était réfugié après avoir enfreint les conditions de sa liberté sous caution, craignant une extradition vers les États-Unis, qui lui reprochent d'avoir mis en danger des sources des services américains. Il revient à la justice britannique de déterminer si la demande américaine d'extradition qui lui est soumise respecte un certain nombre de critères légaux, et notamment si elle n'est pas disproportionnée ou incompatible avec les droits de l'Homme. 

Il est poursuivi notamment pour espionnage aux États-Unis, où il risque 175 ans de prison, pour avoir diffusé à partir de 2010 plus de 700.000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan.

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