Wikileaks : une écoute confirme un peu plus la surveillance des dirigeants européens par les Etats-Unis

Wikileaks : une écoute confirme un peu plus la surveillance des dirigeants européens par les Etats-Unis

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SUR ÉCOUTE - Une note de la NSA publiée par Wikileaks, qui évoque l'interception d'une conversation entre dirigeants français et allemands, révèle un peu plus l'étendue de l'espionnage américain. Des écoutes réalisées depuis des ambassades européennes, qui ne servent donc pas uniquement à la prévention du terrorisme.

Une fuite de plus. Publiée par Wikileaks, en partenariat avec Libération , Mediapart et le Süddeutsche Zeitung, une note de la NSA montre un peu plus l'espionnage des dirigeants européens par les Etats-Unis.

Des conversations interceptée depuis les ambassades européennes

Comme lors des révélations sur les écoutes des trois derniers présidents français, les initiales SCS (pour Special Collection Service, une unité commune à la NSA et à la CIA), présentes au bas du document, indiquent que l'espionnage a été réalisé via un dispositif situé dans une ambassade américaine d'une capitale européenne, en l'occurrence Berlin.

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Dans cette note, les dirigeants allemands sont désignés comme les cibles de ces écoutes de la NSA. La conversation datant de novembre 2011, entre un très proche conseiller d’Angela Merkel, Nikolaus Meyer-Landrut, et Xavier Musca, alors secrétaire général de l’Elysée, porte alors sur un nouveau traité de l'Union Européenne.

Une réforme dont il était question à cette époque, et sur laquelle Nicolas Sarkozy, alors président de la République, avait accepté de discuter avec la chancelière allemande Angela Merkel (il n'y donnera finalement pas suite deux mois plus tard, au début de la campagne présidentielle). Contacté par Libération et Mediapart, Xavier Musca, l'un des hommes mis sur écoute, juge en tout cas cette conversation "crédible et cohérente" avec le contexte de l'époque". La même note fait par ailleurs état de la "colère" de la Suède, suite à la décision britannique de ne pas participer à la réforme des institutions.

L'utilisation des stations d'écoutes pose question

Au-delà du contenu du document, c'est l'utilisation des écoutes qui pose avant tout question. Si l'existence de ces stations à la limite de la légalité était déjà connue, leur rôle s'éclaircit en effet un peu plus au regard de ces révélations. Il ne s'agit pas là d'écoutes réalisées en prévention d'une attaque terroriste, mais bien d'un espionnage des dirigeants européens, et de leurs positions sur des sujets stratégiques.

Si l'Elysée n'a pour l'heure pas souhaité faire de commentaire, la question est désormais de savoir comment l'exécutif français compte réagir. Comme le souligne Libération, aucun dirigeant français n'a jamais demandé de faire fermer ces stations d'écoutes. La vague d'indignation de la classe politique française suite aux récentes révélations de Wikileaks aurait pourtant pu laisser croire à cette issue. Elle ne semble pas du tout d'actualité.

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