VIDÉO - Au Yémen, 100.000 enfants menacés de malnutrition

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MALNUTRITION - A l'hôpital de Houdieda au Yémen, des douzaines d'enfants souffrent de malnutrition. Les cas de malnutrition ont fortement augmenté depuis le début de la guerre en mars dernier. Le pays est dans l'attente d'une aide humanitaire.

Les images sont choquantes. Au Yémen, à Houdieda, la faim et la malbutrition touche de nombreuses personnes et en particulier, les enfants. A l'image de Salem, 5 ans, qui vient de faire une rechute et qui est hospitalisé. Son petit corps est très faible et il porte une simple couche, presque plus grande que lui. En raison de la gravité de sa malnutrition, ses yeux et ses lèvres sont secs malgré le traitement qu'il reçoit. Sa mère, qui le veille, est désemparée. Elle ne sait plus quoi faire. "Depuis le jour de sa naissance et jusqu'à aujourd'hui, nous souffrons de la faim, de la torture et son état n'est pas stable. Nous sommes seuls et personne ne se lève pour nous. C'est difficile", confie-t-elle. 


A Houdieda, il n'y a qu'un seul hôpital. Des douzaines d'enfants très affaiblis viennent se faire soigner. Selon le médecin Awsan Al-Ibsi, depuis le début de la guerre en mars dernier, les cas de malnutrition ont augmenté et les rechutes sont plus fréquentes. Il estime que 100 000 enfants de Houdieda sont menacés par une malnutrition sévère.  Pour Salem par exemple, qui réagit bien au traitement, il n'est pas très optimiste quant à un rétablissement total. "Difficile de guérir quand sa famille fait face à une telle pauvreté". 

"Nous sommes assiégés par la faim"Ali Hassan Tanmina, pêcheur à Houdieda

En mars 2015, la guerre civile éclate au Yémen. La coalition dirigée par l'Arabie Saoudite soutient les forces du président élu face aux combattants chiites qui se sont révoltés. Les bombardements ont détruit des zones de stockage de poissons, les marchés, les ponts et les routes, laissant des milliers de Yéménites sans emploi et sans ressources. La coalition a limité les accès à la mer et dans une ville côtière comme Houdieda, les habitants ont du mal à survivre. 


Père de huit enfants, Ali Hassan Tanmina est pêcheur à Houdieda. Il raconte comment les pêcheurs sont tués par les frappes aériennes. "Nous sommes assiégés par la faim et assiégés par des frappes aériennes matin et soir. Quand nous allons chercher une bouchée de notre pain quotidien en mer, nous ne sommes pas autorisés à le faire". 


Depuis le début de la guerre civile, 100 000 personnes ont été tuées ou blessées. Trois millions ont été déplacées. Le Yémen est dans l'attente d'une aide humanitaire. 

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