Combiné nordique : Jason Lamy Chappuis, la chute du héros

Combiné nordique : Jason Lamy Chappuis, la chute du héros

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JEUX OLYMPIQUES – Porte-drapeau et grandissime favori à sa propre succession, Jason Lamy Chappuis a traversé les JO de Sotchi comme un fantôme. Zéro médaille et des désillusions à la pelle, le Jurassien est la grande déception du camp tricolore.

Sur la ligne d'arrivée du relais du combiné nordique, les Norvégiens se congratulent, Allemands et Autrichiens se remettent du sprint qui les a départagés. Au même moment, Jason Lamy Chappuis franchit la ligne pour le relais français. Tête basse, à plus d'une minute de retard.

Course finale de la quinzaine olympique, le relais du Jurassien a été à l'image de ses JO, jamais dans la course à la médaille. Tout en gardant le sourire et le calme qui ont fait de lui l'un des chouchous des Français, l'un de ses plus grands espoirs. Il a finalement passé son temps à justifier ses mauvaises performances.

Les cuisses qui brûlent, les skis qui ne glissent pas

Il y a d'abord eu ce petit tremplin, sur lequel il défendait son titre de Vancouver et au bout duquel il termine 35e. Rapidement, l'encadrement met en cause ses skis, mal préparés. Lui assume : "Les jambes n'étaient pas forcément au rendez-vous, mais je ne sais pas si c'est un mauvais choix de ski, la structure, le fart... Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé".

Dans l'entourage du français, et chez les journalistes, on se rappelle alors qu'aux Mondiaux de 2013 le Jurassien avait remporté le titre en grand tremplin après une déconfiture sur le petit. On y croit encore, alors. Une septième place plus tard, et ce sont, cette fois, les jambes que l'on met à l'index. "Dès les premières accélérations, j'ai essayé de m'accrocher, mais j'ai senti les cuisses qui me brûlaient. Je savais que c'était terminé."

À peine parti, sa course déjà terminée

Sur le relais en revanche, il n'a rien à se reprocher. Quatrième relayeur, il s'est élancé avec plus d'une minute de retard. La course était déjà jouée. Mais ce nouvel échec finit de pourrir la campagne de Russie du Franc-Comtois.

Cette Bérézina, lui, ne l'attribue pas au fait d'avoir été porte-drapeau. "Mes collègues ont défilé aussi à la cérémonie d'ouverture. Nous avons eu quatre jours pour digérer. On a fait de bons entraînements, au niveau du chrono cela se passait très bien. Je ne pense pas que cela soit lié à cela."

Malédiction du porte-drapeau ou erreur stratégique ?

Pourtant, Lamy Chappuis vient tout de même rejoindre les "porte-drapeaux maudits". Les Vincent Defrasne, Laura Flessel ou Tony Estanguet, autres favoris passés au travers de leurs Jeux après avoir accepté l'honneur de défiler en tête de la délégation tricolore.

Les plus techniciens relèveront aussi que "Jez" a axé sa préparation sur le ski de fond. Un secteur de course où il n'a que peu progressé, et une priorité donnée qui l'a fait perdre toute son avance en saut. Une erreur tactique qui peut expliquer sa saison ratée. C'est ça ou le droit à la défaillance des héros. 

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