En or dans le snowboard-cross, Pierre Vaultier est "un miraculé puissance 10"

En or dans le snowboard-cross, Pierre Vaultier est "un miraculé puissance 10"

MEDAILLE - Pierre Vaultier n'aurait jamais dû être à Sotchi. La faute à une grave blessure au genou. Pourtant, le snowboardeur de Serre-Chevalier a serré les dents pour disputer ses 3es Jeux Olympiques et accrocher l'or. La belle histoire de ce mardi.

"J’y crois pas, j’y crois pas, j’y crois pas !". Tête renversée, à quelques mètres des journalistes qui l’attendent, Pierre Vaultier hurle sa victoire, sa revanche. Derrière les barrières, les autres athlètes français du snowboard bondissent et couvrent les cris d’Oliunine, le médaillé d’argent russe tout aussi heureux. Cette aire d’arrivée est un havre de bonheur. On s’embrasse et les larmes se mêlent aux gouttes de la pluie qui noie le parc extrême de Rosa Khutor depuis le matin.

Après sa descente furieuse et un dernier saut décisif, le snowboardeur de Serre-Chevalier, 26 ans, surfe encore sur l’émotion. Il y a quelques minutes seulement, il a franchi en tête la ligne d’arrivée de la finale du boardercross et apporté une 3e médaille d’or à la France. Celle après laquelle il court depuis 2006. "Je suis un miraculé. Un miraculé puissance 10", lâche-t-il, le visage trempé, sans réaliser.

Un sprint de deux mois

Il y a presque deux mois jour pour jour, en Coupe du monde à Lake Louise au Canada, il est victime d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit. Adieux les Jeux dont il est un des favoris ? Envolé l’espoir de prendre sa revanche sur son élimination prématurée à Vancouver quatre ans plus tôt quand il survolait la discipline?

Il refuse la fatalité... et l’opération. À grand renfort de musculation, il se jure d’être prêt pour le rendez-vous russe. Pari tenu in extremis. "Je ne venais pas pour la médaille d’or, je voulais juste ne pas me blesser. Sinon, j’aurais passé le reste de ma vie à boiter." Avec un tel handicap, il redevient "un outsider. Finalement, ça m’allait bien. Ca m’a enlevé de la pression." Et ça lui a réussit.

Un genou à terre

Son genou a tenu, malgré la douleur. "On fait quand même une belle paire d’éclopés, non?", lâche Paul-Henri De Le Rue, un revenant comme lui. 4e de la finale, dans le coma il y a un mois après une chute en compétition et revenu lui aussi pour les JO à temps, le Pyrénéen étreint son pote. En conférence de presse, le nouveau champion olympique baisse son pantalon et montre à tous cette grande attelle qui lui serre encore l'articulation. Elle mérite aussi une médaille.

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