JO 2016 - Eddie Viator : "Arbitrer les stars de la NBA, ça ne m'impressionne plus"

JO DE RIO 2016
BASKET - Seul arbitre français au sifflet durant le tournoi olympique du basket masculin, le Guadeloupéen a l'habitude des grands événements. Et même si Eddie Viator participe à ses premiers Jeux à Rio, il avait expliqué à metronews il y a quelques semaines qu'il ne craignait pas grand-chose, même la Team USA.

Vous savez depuis le mois de mars dernier que vous allez à Rio. Comment vous êtes-vous préparé pour l'événement ?
J'ai regardé énormément de basket, tous les jours. Comme je travaille à la Fédération dans la formation des arbitres et que je suis responsable de la vidéo, autant vous dire que des images, j'en mange deux à trois heures par jour. Niveau physique, je me suis préparé de façon classique, de la course tous les deux jours et une heure d'exercice au quotidien. 

Ce sont vos premiers Jeux. Est-ce qu'il y a une pression particulière ? 
Pas forcément car je n'ai pas le sentiment qu'arbitrer lors des JO soit plus compliqué qu'en Coupe du monde. On va retrouver les mêmes équipes, donc on sait où on va. Ce qui change, par contre, c'est l'exposition planétaire de l'événement... Ça veut dire qu'il faut être irréprochable d'entrée, car un mauvais premier match peut prendre de grosses proportions et mettre de la pression pour le reste du tournoi. 

"Les Sud-Américains et les pays de l'Est, c'est un peu plus chaud à arbitrer"

Parmi les nations en compétition, y a en a-t-il que vous n'aimez pas arbitrer parce que truqueuses ou plus difficile à gérer ?
Ce n'est pas qu'on n’aime pas les arbitrer mais on s'en méfie un peu plus. Les Sud-Américains ou les pays de l'Est, notamment, on sait que c'est un peu plus chaud. Qu'il faut garder le contrôle de la rencontre pour ne pas que ça dégénère. Et puis on connaît les joueurs un peu vicieux, qui mettent des coups. On garde un œil sur eux...

Vous allez peut-être aussi arbitrer la Team USA. Est-ce qu'on est impressionnés face à des Kevin Durant ou des Carmelo Anthony ?
Non, plus maintenant. La première fois, lors des championnats du monde 2006, ça m'avait fait bizarre. Il y avait Dirk Nowitzki ou encore Allen Iverson et c'était quand même impressionnant. Mais maintenant, je suis au haut niveau depuis 10 ans et ça ne me fait plus grand-chose. Il y a deux ans, pour les Mondiaux, j'ai fait trois fois les USA (notamment en finale, ndlr). Stephen Curry et James Harden étaient là et je ne me suis pas mis plus de pression que ça. Faut pas penser que ce sont des stars et tout ça, car sinon, tu fais mal le boulot.

Reste-t-on supporter de l'équipe de France quand on sait que plus la bande à Tony Parker va loin dans le tournoi plus le votre va s'arrêter vite ? 
En fait c'est très simple : imaginons que j'arbitre la finale. C'est super, j'ai de la chance. Génial ! Mais quel est l'impact pour le basket français ? Très limité. Mais si c'est l'équipe de France qui y est, qu'elle gagne ou qu'elle perde, ce sera énorme pour nous. Donc mon intérêt, c'est que mon sport en profite et que les Bleus aillent loin. Si ce n'est pas le cas, alors je ferai ma route. 

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