JO 2016 : les Brésiliens sont contents d'accueillir les Jeux, mais...

JO DE RIO 2016
RIO - Empêtré dans une crise sociale et surtout politique bien plus profonde qu'il y a deux ans lors du Mondial 2014, le Brésil organise les 31es JO de l'ère moderne dans un contexte très particulier. Et si la folie ne s'est pas encore emparée de la ville, sur place, les Cariocas assurent que ça va monter après la cérémonie d'ouverture.

Encore un peu de patience. Si les délégations sportives et les journalistes débarqués depuis peu à Rio trouvent que l'ambiance olympique ne se faisait pas encore trop sentir cette semaine le coup d'envoi des Jeux avec une cérémonie olympique que l'on promet très festive (samedi à 1 heure du matin en France) devrait changer la donne. Déjà, le passage de la flamme olympique vendredi dans les rues de la ville pour rallier le stade Maracana a fait monter la ferveur d'un cran.

Et tout le long du parcours, des milliers de Cariocas sont venus encourager les derniers porteurs. "On ne voulait pas rater ça, nous explique Larissa, venue en famille sur la Rua Jardim Bôtanico, une grande artère du Sud de la ville. Même si on ne pourra pas assister aux compétitions, on profite nous aussi un peu de la fête". Car effectivement, vu les prix des billets (les plus bas sont autour de 50 euros), les Brésiliens les plus modestes se contenteront de suivre les épreuves à la télévision.

Rai : "C'est une magnifique opportunité pour Rio et les Brésiliens"

C'est d'ailleurs cette asymétrie entre la grave crise économique et politique que traverse le Brésil (la présidente Dilma Roussef est au bord de la destitution) et les dépenses pharaoniques consenties pour l'organisation de ces JO (10 milliards d'euros) qui fait grincer beaucoup de dents ici. "C'est vrai que le pays ne va pas bien depuis quelques années et qu'il y a toujours beaucoup de misère, mais saboter les Jeux par des mouvements de grève ou des manifestations n'est pas la bonne solution, estime Vitor, chauffeur de taxi. Avec tous les touristes qui viennent c'est bon pour les affaires, il vaut mieux en profiter".

Même son de cloche pour Rai, l'ancien joueur du PSG, croisé jeudi au Club France où il honorait un partenariat entre son association caritative Gol de Letra et la Fondation Lacoste. "Les gens ne sont pas contents et ils ont raison car notre pays a beaucoup de problèmes à régler, mais je suis certain que dès que ça va commencer, ils vont s'enthousiasmer, assure à metronews l'ancien capitaine de la Seleçao. C'est une magnifique opportunité pour Rio et pour les Brésiliens".

63 % des Brésiliens pensent les JO sera néfastes pour le pays...

La Coupe du monde 2014 devait d'ailleurs aussi en être une, mais elle a fait beaucoup de déçus. Car bien au-delà de l'immense déception qui a suivi l'humiliation de l'équipe nationale face à l'Allemagne en demi-finale (7-1), la population attend toujours les retombées économiques promises pour calmer la grogne sociale de l'époque de cet événement lui aussi très coûteux  (à nouveau 10 milliards d'euros).

"Cette fois, on ne nous refera pas le coup d'il y a deux ans, s'emporte Laura, venue faire ses courses et qui se moque complètement de la flamme olympique. Les gens ne vont pas s'intéresser aux Jeux car ils savent que cela ne va rien leur apporter !" Selon un récent sondage, 63 % des Brésiliens pensent d'ailleurs que cet événement sera néfaste pour le pays et 51 % affirment ne pas vouloir suivre les épreuves... Une tendance négative que la cérémonie d'ouverture et le début des épreuves vont tout de même tenter d'inverser. 

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