JO 2016 - Les petits coups de vice subaquatiques du water-polo

JO DE RIO 2016
RIO - Sport plutôt esthétique en surface, le water-polo est en fait une discipline de voyous sous la ligne de flottaison. Mauvais coups, tirage de slip de bain... les joueurs de l'équipe de France ont expliqué à metronews tout ce que les arbitres ne peuvent pas voir.

Pas vu pas pris. Voilà résumé en quelques mots l'essentiel des débats qui se passent sous l'eau en water-polo. "En termes de contact, notre sport se rapproche beaucoup du rugby ou du hand pour ce qui se passe en surface. Pour ce qui se passe en dessous, c'est autre chose..., explique à metronews Jonathan Moriamé, le gardien de but de l'équipe de France, qui dispute son troisième match face aux Etats-Unis ce mercredi (16 h 40, heure française) après deux défaites.

Protégé de ses adversaires par les règles du jeu, ce grand gaillard de plus de 2 m sait pourtant combien certains contacts peuvent faire mal dans le bassin. "Le problème, c'est que les arbitres ne voient pas ce qui se passe sous l'eau car, contrairement aux téléspectateurs, ils n'ont pas accès aux images vidéos sous-marines", poursuit le pensionnaire du club de Noisy-le-Sec, en banlieue parisienne. Ainsi, les gnons pleuvent : coups de coudes dans les côtes, au visage, dans les parties (d'où l'importance vitale des coquilles de protection...), pincements, morsures et tirage de slip de bain, tout y passe.

"Petit, on t'apprend un truc : surtout ne jamais mettre la tête sous l'eau..."

Au point que les joueurs enfilent deux maillots de bain pour s'assurer que rien ne dépasse et donc laisser moins de "prises" à l'adversaire... "Petit, on t'apprend un truc : surtout ne jamais mettre la tête sous l'eau, poursuit Moriamé. Sinon, tu peux te faire exploser, le nez, la bouche, l'arcade..." Bref, ça ne rigole pas, même si pendant les grandes compétitions médiatisées comme les Jeux, la violence baisse d'un cran, histoire de ne pas être suspendu pour la suite du tournoi mais aussi de ne pas créer un bad buzz à cause des images diffusées dans le monde entier.

"Pour moi, il y a des limites à ne pas dépasser, estime Petar Tomasevic, le solide défenseur tricolore. Comme tout le monde, je mets des coups si besoin, mais toujours avec fair-play. Jamais pour blesser". Une philosophie très proche du rugby et du hand, donc, et où dans le water-polo aussi il y a un esprit troisième mi-temps, durant laquelle les adversaires se retrouvent et se pardonnent tout. Sauf peut-être à l'Américain John Smith, qui "est un vrai mec méchant", nous confie Tomasevic. Ça doit être quelque chose alors...

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