JO 2016 : pollution, sacs plastiques, excréments... on en a un peu trop fait avec la baie de Rio

JO DE RIO 2016
VOILE - Depuis plusieurs mois, les médias internationaux multiplient études et reportages démontrant l'extrême saleté des eaux dans lesquelles les compétitions de voiles commencent lundi avec la planche et le laser. Alors, pour en avoir le cœur net, n'écoutant que son courage, notre envoyé spécial à Rio est allé nager en eau trouble, du côté de la Marina Da Gloria.

Et si tout le monde s'était un peu emballé ? Avant le début des Jeux de Rio, l'essentiel du traitement médiatique consistait à s'inquiéter du retard pris par les travaux sur les différents sites et surtout à s'alarmer sur l'état de saleté de l'eau dans la baie de la Marina da Gloria.

Ainsi, on a lu et entendu que les "voileux", les nageurs en eau libre ou les triathlètes allaient évoluer "dans la merde" et dans des eaux "1,9 million de fois trop polluées". Une rumeur étonnante a même fait surface : un kayakiste olympien aurait chaviré après avoir heurté... un canapé. L'organisation mène l'enquête. 

Alors disons-le d'entrée, c'est vrai que, par endroits, notamment sur la baie de Guanabara, les nombreux écoulements de la ville dans l'océan Atlantique drainent eaux usées et ordures. Le tout accompagné d'une odeur peu soutenable... 

 

Pourtant, lorsque les Bleus de la voile se sont présentés devant les médias jeudi, Guillaume Chiellino, le directeur de l'équipe de France, s'est fendu d'entrée d'une mise au point : "Le stade olympique à la Marina da Gloria est magnifique, le sable y est blanc et l'eau transparente". Une sortie à contre-courant de tout ce qui avait été dit qui nous a obligé à aller voir sur place.

Et effectivement, la plage qui borde le site de départ des compétitions n'est pas beaucoup plus sale qu'une autre en plein été à Palavas-les-Flots ou Barcelone. Au large, c'est autre chose : "C'est vrai qu'après de grosses pluies, les écoulements de la ville charrient pas mal de déchets, nous concède Bruno, qui travaille au sein des sapeurs pompiers de la zone. Mais avec les Jeux, les bateaux ramasseurs ont multiplié les sorties et c'est plutôt propre maintenant". 

"Ce n'est pas du slalom non plus"

Dans la marina, quelques sacs plastiques dérivent mais pas rien de plus. Au large, il n'est pas rare d'en croiser mais là, c'est bien plus embêtant.

"Ce n’est pas le plan d'eau le plus propre qu'on ait eu mais c’est pas très grave, les bactéries ça n'attaque pas le bateau, explique Camille Lecointre, dont le tandem champion du monde en titre avec Hélène Defrance tentera de décrocher une médaille mercredi en 470. Le vrai problème, ce sont les sacs. Quand on en accroche un, ça fait perdre pas mal de temps. Après, ce n'est du slalom non plus..."

Reste que pour ceux qui sont en contact direct avec l'eau (les véliplanchistes ou les triathlètes), la perspective d'évoluer dans des eaux souillées reste peu ragoûtante. Mais le médecin des Bleus, Olivier Castagna, croisé à la Marina de Gloria, se veut plutôt rassurant : "Il ne faut vraiment pas tomber dans la psychose, personne ne va attraper une gangrène à cause d'une petite plaie ou se vider avec une dysenterie". Mieux vaut quand même bien fermer la bouche quand une vague arrive. 

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