JO 2016 - Teddy Riner : "Je vous avoue que j'ai un peu le trac"

JO DE RIO 2016

RIO - Porte-drapeau et capitaine de la délégation française, le judoka était de passage jeudi soir au Club France. Et à la veille de la cérémonie d'ouverture des Jeux (dans la nuit de vendredi à samedi en France), Teddy Riner a confié ses impressions sur son rôle d'ambassadeur et a fait part de son envie de défendre ensuite son titre olympique.

A quelques heures de votre entrée dans le Maracana, comment vous sentez-vous ?
Je me sens bien même si tout ce qui se passe autour de cette cérémonie d'ouverture est assez incroyable. Je vous avoue que j'ai même un peu le trac... Je suis le premier à pénétrer dans le stade et j'ai vraiment pas envie de me prendre les pieds dans un fil et de trébucher à ce moment-là (rires) ! 

Vous attendiez-vous à vivre autant d'émotions alors que les Jeux n'ont même pas encore commencé ?

Franchement non. Pourtant, j'ai posé plein de questions aux anciens porte-drapeaux mais je crois que ce n'est pas quelque chose qui se prépare. Chacun le vit à sa façon... C'est une grosse responsabilité car ça lance l'aventure olympique. On est à Rio, c'est un endroit vraiment magique et plus qu'ailleurs, on n'a pas envie de se rater. On veut tous rendre fier nos familles, nos proches et surtout les Français. 

"C'est pas parce que je suis invaincu depuis 2010 que ça va forcément bien se passer"

Rio est une ville dans laquelle vous avez été sacré champion du monde à deux reprises (2007 et 2013). C'est plutôt bon signe, non ?
Jamais deux sans trois comme on dit... Mais derrière il faut le faire, il faut aller chercher cette médaille d'or. Ça fait 4 ans que j'attends ça, donc maintenant j'ai hâte d'y être (la finale des +100 kg a lieu le vendredi 12 août, ndlr). Depuis le titre à Londres, il s'est passé plein de choses, j'ai eu des hauts et des bas, des blessures. Mais sur la fin de ma préparation, je retrouve des sensations que je n'avais plus depuis deux ans. Je suis en forme. 

Pour le grand public, vous êtes invincible. Est-ce que vous pensez que vos adversaires se disent la même chose ?
C'est pas parce que je suis invaincu depuis 2010 que ça va forcément bien se passer. J'ai tout mis en place pour que ça marche mais ça reste aléatoire. C'est le sport. Un adversaire qui te surprend ou qui se transcende, car tout le monde se donne à fond pendant les Jeux, et l'histoire est terminée. Mais oui, je suis favori pour la médaille d'or et si je ne la gagne pas, je n'aurai aucune excuse.

Plus largement, c'est tout le judo français qui veut faire une razzia au Brésil. L'objectif c'est de devenir le pays n° 1 dans le monde ?

Oui, car on a les filles et les gars pour. Pour moi, les quatorze qui sont à Rio peuvent faire une médaille. Après, il y a des tirages plus compliqués que d'autres, mais de toute façon, ce sera difficile. Je pense qu'on pourra faire 7 ou 8 médailles, un peu comme à Londres (sept dont deux en or, ndlr).C'est un état d'esprit en fait. Il faut que ce soient nos adversaires qui se disent "merde, je tombe sur un Français" et pas l'inverse.

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