JO de Sotchi : ces "veuves noires" qui inquiètent la Russie

JO de Sotchi : ces "veuves noires" qui inquiètent la Russie

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TERRORISME - Les portraits de trois jeunes femmes recherchées car "susceptibles d'avoir été entrainées pour des attentats suicide", ont été diffusés lundi à Sotchi. La petite ville est devenue la cible numéro 1 de ces "veuves noires", devenues kamikazes pour venger la mort de leur mari.

Elles représentent le talon d'Achille de la Russie. De Volgograd à Moscou en passant le Caucase, les femmes kamikazes surnommées "veuves noires" multiplient ces derniers mois les attentats sanglants au nom de la rébellion islamiste. Une guérilla qui inquiète les autorités , à trois semaines de l'ouverture des Jeux Olympiques de Sotchi.

Preuve de l'anxiété qui s'empare du Kremlin, des dépliants de la police ont été aperçus mardi par des correspondants de l'AFP dans un hôtel central de la station balnéaire, située sur les rives de la mer Noire. Ils contiennent des avertissements au sujet de trois éventuelles kamikazes, parmi lesquelles Ruzanna Ibragimova. Cette femme âgée de 22 ans, veuve d’un militant islamiste, circulerait librement à Sotchi. Une hypothèse qu'une vidéo postée lundi est venue confirmer.

"Empêcher par tous les moyens" la tenue des JO

Dans cet enregistrement réalisé peu avant leur décès, deux kamikazes présumés d'une attaque meurtrière dans une gare de Volgograd menacent d'une "surprise" lors des Jeux olympiques. Or ces groupes militants du Caucase sont connus pour faire appel à des "veuves noires". Ces dernières se sont rendues célèbres pour la première fois en 2002, lors de la prise d’otage du théâtre de la Doubrovka à Moscou. Les experts en sécurité les estiment plus difficiles à repérer dans une foule et peuvent aisément modifier leur apparence. Dernier exemple en date : l'attentat meurtrier de Volgograd.

La petite ville du Daguestan, une région du Caucase russe, a été meurtrie le 29 décembre dernier quand une femme kamikaze a actionné ses explosifs avant de pénétrer dans le hall de la gare, bondé de passagers. Bilan : 14 morts. Même scénario en octobre dernier, quand une autre "veuve noire" s'est fait sauter dans un car d'étudiants, tuant sept d'entre eux. Des attentats à répétition qui se banalisent dans le Caucase du nord, où les explosions continuent à un rythme quasi-quotidien. Vendredi dernier, une attaque au lance-grenades et à la voiture piégée a fait 16 blessés à Makhatchkala , la capitale du Daguestan, à environ 600 km de Sotchi. Une petite station balnéaire qui ressemble de plus en plus à un camp retranché.

Le dispositif de sécurité prévoit au total quelque 37.000 policiers et militaires, des unités équipées de missiles et de drones. Pas sûr que cela suffise à inquiéter Dokou Oumarov. Le chef de la rébellion islamiste, qui a revendiqué par le passé plusieurs attentats meurtriers à Moscou et dans d'autres villes de Russie, a appelé en juillet dernier à "empêcher par tous les moyens" la tenue des Jeux Olympiques.

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