JO de Sotchi : la guerre des patins entre Amodio et Joubert

JO de Sotchi : la guerre des patins entre Amodio et Joubert

Jeux Olympiques
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RIVALITE – Depuis plusieurs mois, les relations entre les deux leaders de l'équipe de France de patinage artistique se sont très sérieusement dégradées. Au point que cette scission entre Florent Amodio et Brian Joubert met en péril les ambitions du patin tricolore pour les Jeux de Sotchi.

Sur un chemin glissant. A trois semaines de l'ouverture des Jeux olympiques de Sotchi (du 7 au 23 févier), l'équipe de France de patinage traverse une grave crise qui pourrait déboucher sur une olympiade catastrophique. Le week-end dernier, déjà, le camp tricolore est rentré bredouille des Championnats d'Europe de Budapest, une première depuis un quart de siècle.

Cette contre-performance a surtout mis en lumière les conséquences de la rivalité grandissante entre Florent Amodio (23 ans et champion d'Europe 2011) et Brian Joubert (29 ans, champion du monde 2007 et triple champion d'Europe), traduisible par un combat d'ego entre le nouvel espoir du patin français et l'ancien. "Je trouve qu'il n'y a pas d'esprit équipe de France, ça se ressent et ça m'inquiète pour l'épreuve par équipes aux Jeux", a d'ailleurs clairement expliqué Joubert.

"Un combat de basse-cour"

Mais au-delà de cette épreuve collective, qui représente tout de même une réelle chance de médaille pour les Bleus, c'est surtout la performance individuelle des deux champions qui semble gangrenée par la tension générale : en Hongrie, Amadio a fini 13e et Joubert 8e... L'été dernier déjà, lors du rassemblement des Bleus à Vaujany, l'ambiance entre les patineurs était délétère.

Katia Krier, coordinatrice au sein de la Direction technique nationale qui a géré le stage estival, a raconté à l'AFP fin septembre les combats de coq auxquels elle a assisté. "Il y a eu un petit combat de basse-cour, un petit combat d'ego, a expliqué Krier. C'était du genre : 'pourquoi tu acceptes que lui s'entraîne à 10 h alors que moi je dois venir à 9h ?' Ou encore : 'lui il a fait quatre quads (quadruples sauts, ndlr), moi aujourd'hui j'en suis pas capable, je vais foutre en l'air l'entraînement plutôt qu'il en fasse 5'. Voilà là où on en était."

Entre-temps, un événement est venu jeter encore un peu plus d'huile sur le feu : l'éviction de l'entraîneur russe d'Amodio en juin dernier, Nikolai Morozov, qui est allé proposer ses services à Joubert en décembre. Depuis, la rivalité a pris des allures de lutte des clans, si l'on en croit Joubert, qui dit se sentir tel "un pestiféré" en équipe de France. Et même si Amodio a affirmé mardi, dans les colonnes du Parisien, avoir appelé Joubert "pour mettre les choses à plat", le climat ne semble tout de même pas idéal pour rêver à une pluie de médaille en Russie.

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