JO : face à l'Espagne, les Bleus vont devoir gérer leurs nerfs et leurs émotions

JO DE RIO 2016

RIO – A nouveau opposés aux Espagnols comme dans chacune des dernières grandes compétitions, les Bleus sont évidemment sur leurs gardes avant d’affronter ce redoutable adversaire mercredi en quart de finale du tournoi (19 h 30, heure française). Mais ils aussi et surtout se méfier d’eux même.

Un match vraiment à part. Si face à l’Espagne l’équipe de France de basket va jouer sa peau dans le tournoi olympique, elle va surtout vivre un quart de finale chargé en émotions. Car en plus de devoir en découdre avec leur meilleur ennemi, les Bleus vont peut-être aussi dire au-revoir à certains de leurs cadres en cas de défaite. Et pas n’importe lesquels, puisque l’on parle quand même de Tony Parker, Florent Pietrus, Mickaël Gélabale, sans doute Boris Diaw mais aussi Vincent Collet, qui n’a toujours pas levé le voile sur son avenir après les Jeux.

"Si on se dit : ‘On ne peut finir comme ça, contre les Espagnols’, on est morts, prévient pourtant le sélectionneur des Bleus. Oui, certains vont arrêter après Rio, mais le but, c’est de trouver la solution pour continuer dans le tournoi". Et une des clés pour ne pas à nouveau céder face à Roja, sera de garder le contrôle de tout : de son plan de jeu, de ses nerfs et de ses émotions. Comme ce ne fut pas le cas lors des grandes défaites tricolores en quart de finale des Mondiaux 2009, en finale de l’Euro 2011, en quart des JO de Londres ou en demi-finale de l’Euro 2015 organisé en France.

Le vilain coup de Batum à Londres

D’un niveau de jeu très proche, aucun des Tricolores n’est capable de dire qui sera le favori de cette rencontre, les débats entre ces deux équipes se jouent donc souvent des petits détails. Et les Espagnols sont les spécialistes pour faire sortir leurs adversaires de leur match. "On sait comment, ils sont, sur le parquet, il sont pénibles, constate Nando de Colo, qui se rappelle plus particulièrement d’un épisode douloureux. Je me souviens pendant la demie de l’Euro l’an dernier, on était à -20 points et ils nous chambrés alors qu’ils savent qu’on parle tous espagnol"…

A Londres, Nicolas Batum, n’avait d'ailleurs pas supporté cette ambiance électrique et avait donné un vilain coup à Juan Carlos Navarro. 

"On se déteste mais on se respecte"

Une réaction épidermique que l’ailier jure ne jamais plus reproduire expliquant qu’avec les Espagnols "on se déteste mais on respecte". Et si les dernières confrontations ont semblé plus apaisées qu’il y a quelques années, Boris Diaw prévient : "Je ne sais pas si c’est pacifié, c’est toujours chaud entre nous. Le basket, c’est un sport physique..."

Une dialectique de combat que ne veut pas employer Collet. Dans ses discours aux joueurs et aux médias, le coach s’est constamment appliqué à rationaliser cette confrontation. "Oui, il faut donner tout ce qu’on a sur le terrain, mais il faut surtout rester concentré, lucide et intelligent, estime encore celui qui affronte les Espagnols pour la 14e fois depuis 2009 (seulement trois victoires pour la France). Si on ne fait pas ça, il y a un risque de sortir du plan de jeu à cause des émotions". Reste à voir si les Bleus tomberont dans le piège ou non.

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