JO - Finale du 100 : la folle nuit d'Usain Bolt

JO DE RIO 2016
RIO – Sacré pour la troisième fois d’affilée champion olympique du 100 m, une première dans l'histoire, le sprinteur jamaïcain est entré encore un peu plus dans la légende du sport. Une course que le monde entier a regardée et qui a permis de mesurer encore une fois combien Usain Bolt est un athlète à part.

Soudain, la foule s’est enflammée. Alors que la troisième soirée d’athlétisme suivait tranquillement son rythme entre la cérémonie du podium de la longueur féminine, les qualifications du saut en hauteur masculin et la demi-finale du 400 m dames, une clameur est descendue des tribunes du stade olympique. Un record ? Une chute ? Non, juste Usain Bolt qui est apparu quelques secondes sur les écrans géants de l’enceinte. Souriant, détendu, le Jamaïcain fait comme si de rien n’était alors que le monde entier attend de le voir courir.

"Il est moins bon", "C’est le début de la fin", "Il ne fera pas l’or", depuis des mois, les observateurs doutent de lui, de ses capacités. Mais autour de l’enceinte où évolue d’habitude le club de football de Botafogo, ses supporters sont sereins. "C’est le meilleur, nous confie Kaymar, qui cumule drapeau jamaïcain noué autour du cou et deux autres coincés on ne sait pas trop comment dans son dos. Il va remporter le 100 m , le 200 puis le relais (4 x 100 m, ndlr) et mettre tout le monde d’accord". Et c’est vrai qu’après sa demi-finale, remporté 9’86 "en marchant" s’est même enthousiasmé un confrère, il n’y avait plus grand monde pour continuer à émettre des réserves.

"J’ai montré à tout le monde que j’étais encore le meilleur"

Mais tandis que les réseaux sociaux s’extasient sur la moue rieuse du champion trop facile pour aller en finale, un homme a brièvement réussi à lui voler la vedette : Wayde van Niekerk. Il faut dire que le Sud-Africain a quand même battu le record du monde du 400 m (il a couru en 43''03), le dernier qui appartenait encore à Michael Johnson (43''18, réalisé en 1999). 

De quoi effectivement palabrer quelques instants, avant que le 100 m ne reprenne ses droits. Quelques minutes avant l’annonce de l’épreuve, les spectateurs demandent leur dose de "Bolt ! Bolt !Bolt !". Entrée de rock star, ovation et petit show habituel avant le départ. 9’81 plus tard, l’homme le plus rapide du monde continue d’écrire sa légende.

Même Phelps et ses 23 médailles d'or ne font pas cet effet-là

Pendant qu’il prend la pose, fait son fameux signe de la victoire et son tour d’honneur, en zone mixte, où les médias peuvent interviewer les athlètes, les impuissants du soir doivent quasiment plus parler de leur imbattable concurrent que de leur performance… Les tribunes se vident d’un coup, Bolt a quitté la piste. Et l’effervescence se déplace chez les journalistes : "Il fait les télés, il arrive", "Ça y est, il est là". Telle une rock star, le Jamaïcain passe de micro en micro. Il ne répond qu’à une seule et répète un peu toujours la même chose ("Je suis très content, j’ai montré à tout le monde que j’étais encore le meilleur" ou "J’aurai voulu aller plus vite mais on n’a pas eu assez de temps entre la demie et la finale").

Qu’importe, la grosse centaine de journalistes présents boit ses paroles et le suit à la trace à chacun de ses mouvements dans l’aire d’interview. On le prend en photo, on se prend en photo avec lui en arrière-plan. Même Michael Phelps et ses 23 médailles d'or ne font pas cet effet-là. Pour sa 7e, Bolt est parvenu à faire s’arrêter le monde de tourner au moins quelques secondes. Parce qu'il est le roi, le roi de l'épreuve reine. 

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