JO - Finale du 200 m : "J'ai couru pour ma gueule, pas pour les autres", lâche Christophe Lemaitre

JO DE RIO 2016
RIO - Très bon en demi-finale mais vraiment pas considéré comme un médaillable en finale du 200 m, le Français a pourtant contredit les pronostics en arrachant le bronze, dans la nuit jeudi à vendredi. Une troisième place, derrière Usain Blolt (19'79) et Andre De Grasse (20''02), que Christophe Lemaitre (20''12) savoure après quelques années de galère.

Qu'est-ce que ressentez maintenant que vous êtes médaillé olympique ?
Je suis très content, faire un podium aux Jeux, c'est vraiment à part. C'est incroyable. Qui ne serait pas heureux après ça ? Il n'y a que Bolt pour ne pas être content s'il fait une autre médaille que l'or. 

Décrivez nous votre course. Qu'est-ce que vous vous dites pendant l'effort ?
Le seul truc que je savais, c'est qu'il fallait que je regarde où était Churandy (Martina, qui a fini 5e, ndlr). Parce que s'il était devant moi, ça voulais dire que je ne faisais pas le podium. Devant, Bolt (Usain) et De Grasse (Andre), ils font leur course entre eux, c'est autre chose. Mais derrière, c'était très serré. Je ne pensais pas que ça se jouerait au cassé, j'ai bien fait de le faire à 3 mètres de la ligne. Après, les résultats ont mis du temps à tomber et quand j'ai vu que ça se jouait au millième (face Adam Gemili, aussi en 20''12), je me suis dit "merde !".  Et puis j'ai vu que c'était moi devant, c'était génial. 

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"Pas un goût de revanche, plutôt de renaissance"

Vous rêviez de ce podium alors que peu de gens y croyaient. Vous n'avez jamais douté ?
Après la demie (courue en 20''01 la veille, ndlr), je savais que j’avais retrouvé de bonnes sensations, que je pouvais faire un truc en finale. Car si j’avais un couloir de merde, je n’aurais jamais eu la prétention de jouer les troubles fêtes en finale. Je savais que je n'était pas, que j'allais revenir.

Vous avez été critiqué ces dernières saisons. Cette médaille a-t-elle un goût de revanche pour vous ?
De revanche non, plutôt de renaissance. Honnêtement, j’ai couru juste pour moi, pas pour les autres. Pas pour ceux qui disaient que j’étais fini ou que j’étais trop refermé sur moi. Ça ne veut pas dire que les critiques ne t'atteignent pas, déjà qu'en plus tu n'es pas performant, ça touche... Mais j'ai toujours cru en moi. Par contre, j’ai arrêté de courir pour les autres. C’est un changement récent mais maintenant je cours que pour ma gueule et ça a marché. Je crois que les années de galère m’ont quand même fait du bien au final. Elles m’ont permis de réfléchir, de douter et de me métamorphoser

C'est quoi le nouveau Christophe Lemaitre ? Quelqu'un de plus ambitieux ?
Oui, j'espère que c'est pas un one shot et que je vais pouvoir confirmer dans les prochaines années. J'ai envie de revivre des moments comme ça, de prendre du plaisir. Je me suis bien amusé ici. C'est le plus beau jour de ma carrière jusque-là, j'ai envie de revivre ça. 

"C'est vraiment une soirée faste pour l'athlétisme français"

Le prochain arrêt d'Usain Bolt (sans doute après les Mondiaux de Londres en 2017) ouvre aussi de nouvelles perspectives...
C'est sûr que ça va nous faire bizarre à tous de ne plus voir son nom tout le temps à la première place. Quand quelqu'un comme lui, qui a écrasé la discipline pendant 8 ans, arrête, ça fait un vide mais ça ouvre des possibilités pour les autres. Ça va être aux jeunes de prendre la relève. On va être en concurrence pour savoir qui sera le nouveau crack, qui sera le prochain champion du monde ou le prochain champion olympique après Bolt.

Il n'y a pas que pour vous que la soirée a été belle, Kévin Mayer a fini en argent sur le décathlon. Vous avez vu la fin de son concours ?
Non, je n'ai pas trop pu suivre. Mais ce qu'il a fait est incroyable. Comme moi, Kévin a cru en lui et a su saisir sa chance. C'est vraiment une soirée faste pour l'athlétisme français et je suis content d'en faire partie. 

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