JO - Finale du 200 m : les secrets d'un chrono qui pourrait être historique

JO DE RIO 2016
RIO – Autre course reine des Jeux après le 100 m, la finale du 200 m, qui se déroule dans la nuit de jeudi à vendredi (2 h 30, heure française), est très attendue, d'autant que Usain Bolt a annoncé qu'il allait faire tomber son record du monde (19''19). Dans les coulisses des exploits du Jamaïcain et des autres, une impressionnante machinerie pour chronométrer les hommes les plus rapides du monde.

Une très vieille histoire. Omega, le chronométreur officiel des Jeux depuis ceux de Los Angeles en 1934, est lié depuis plus de 80 ans à l’olympisme. A cette époque, bien sûr, les technologies étaient ce qu’elles étaient, et les temps de courses contrôlés manuellement via un chronographe, une montre équipée d’une aiguille indépendante qui l’on pouvait arrêter et redémarrer à volonté pour mesure un intervalle. Les athlètes coupaient même encore un ruban à l’arrivée…

Un temps évidemment révolu, l’homme ayant peu à peu laissé sa place à la machine pour contrôler les performances des sprinteurs. Pour les JO de Rio, la firme suisse a ainsi dépêché sur place 450 tonnes d’équipement, plus de 400 tableaux d’affichages et 450 collaborateurs. Leur but, faire en sorte que la semaine d’athlétisme qui s’ouvre se déroule comme celle de la natation qui vient de se refermer : sans la moindre erreur. Et pour se faire, Omega compte sur quatre piliers technologiques que l’entreprise a développé au fil des dernières décennies. 

► Un pistolet starter futuriste 
Fini le traditionnel pétard qui faisait beaucoup de bruit et qui en plus avantageait les coureurs situés les plus près du juge arbitre. Depuis les JO d’hiver de Vancouver en 2010, c’est un pistolet électronique qui donne le départ. "L’arme" de couleur rouge est reliée à chacun des starting-blocks, ce qui fait que tous les participants entendent le son de la détonation (accompagnée d’un flash rouge qui lance d’ailleurs le chrono) en même temps. 

Des starting-blocks à tout faire 
En plus d’émettre le son du pistolet starter, les cales d’où partent les athlètes permettent aussi de détecter les faux départs. Via un outil hyperprécis qui mesure jusqu’aux plus petites quantités de pression, ceux qui giclent trop tôt sont repérés. Même chose pour le temps de réaction, puisque le système perçoit une réaction inférieure à 100 millisecondes après le départ. Ce sont encore ces mêmes détecteurs intégrés dans les starting-blocks qui mesurent la vitesse du vent lors de la course. Car s’il souffle à plus de 2 mètres seconde, un record battu ne serait pas homologué. 
 

Des cellules photoélectriques ultrasensibles
Ayant relégué l’œil humain au rang de la préhistoire, ce système introduit juste après Seconde Guerre mondiale balaye en fait la ligne d’arrivée avec des faisceaux électriques ultrarapides qui permettent à la cellule de déclencher automatiquement le chrono lors du passage de l’athlète. Aujourd’hui, la précision du dispositif offre une précision au 1/1000e de seconde près, grâce à désormais quatre cellules à l’arrivée contre deux avant ces Jeux.

 Une photo-finish plus précise que jamais
C’est l’une des innovations technologiques de ces Jeux avec l’introduction de la Scan’O’Vision MYRIA, qui est capable d’enregistrer 10.000 images numériques par seconde. Un appareil de capture doté d’une meilleure sensibilité à la lumière qui permet d’offrir une qualité de photo quatre fois supérieure à ce qui se faisait jusque-là. Autant vous dire qu’on n’est pas près de voir une erreur sur le chrono du 200 m.

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