JO - Finale du 800 m : fini de rire pour Pierre-Ambroise Bosse

JO DE RIO 2016
RIO - Très bon en demi-finale il y a deux jours, le Nantais peut vraiment espérer faire une médaille en finale du 800 m, dans la nuit de lundi à mardi (3 h 25). L'occasion pour Pierre-Ambroise Bosse, souvent qualifié d'ambianceur de l'équipe de France, de montrer qu'il est aussi un grand champion.

C'est ce qu'on appelle un bon client. S'il relève parfois du défi d'obtenir une interview de certains sportifs puis de leur faire dire ensuite autre chose que de la langue de bois, Pierre-Ambroise Bosse (24 ans) n'est pas de ceux-là. A l'aise devant les micros, les caméras et journalistes, le Nantais hyperactif fait le job. Parfois un peu trop bien. 

En 2013, alors qu'il participe à ses premiers Mondiaux à Moscou, face à l'inévitable Nelson Monfort, le jeune homme marque alors plus les esprits par sa spontanéité et son sens de l'humour que sa 7e place en finale...


Il endosse le rôle du "rigolo" de l'équipe de France d'athlé

La France découvre tout de même un jeune homme sympa, naturel et qu'on nous décrit déjà comme "le rigolo" de l'équipe de tricolore d'athlétisme. Un courant d'air frais, forcément, entre un Christophe Lemaitre toujours aussi crispé devant les médias et un Jimmy Vicaut encore mal dégrossi. Alors Bosse en joue, il ouvre en grand les portes de sa chambre à l'INSEP et celle de ses entraînements. Toujours en assurant le spectacle . 


Tant que les résultats suivent, pas de souci pour le recordman français du 800 m (1'42''53 en 2014). Sauf que le garçon commence à plafonner et donc à moins faire rire. D'autant que, petit à petit, son image se brouille un peu. Du bosseur acharné, brillant élève en études de kiné - son coach Bruno Gajer disait alors de lui qu'il était "un des athlètes les plus faciles et intelligents" qu'il ait eu à entraîner - on est passé au portrait d'un garçon nonchalant, comique, mais pas très sérieux finalement. 

"Il aime un peu trop l'alcool pour un athlète de haut niveau"

La faute à une progression un peu à l'arrêt, donc, mais surtout cette petite phrase de Vicaut autour d'une interview dans le JDD où le sprinteur lâche au sujet de Bosse : "Il aime un peu trop l'alcool pour un athlète. Heureusement, j'ai l'impression qu'il se calme." On ne rit plus. 

Alors, le garçon retourne au boulot et avale des bornes. Avec plus de discrétion cette fois. Cinquième lors des Championnats du monde de Pékin il y a un an, après la finale, Bosse ne fait plus de vannes mais lâche ça en soupçonnant certains de ses concurrents : "Il est possible qu’un jour, je sois recrédité de la troisième place". 

Bosse bosse dur, et maintenant, il veut que ça paie. Fini les seconds rôles ou celui de comique. "Pierre-Ambroise, c'est quelqu'un qui s'est vraiment recentré, nous explique Ghani Yalouz, son DTN. Il s'est mis dans la tête de faire quelque chose à Rio". Et il en prend pour l'instant le chemin, car avec sa qualification en finale olympique du 800 m (une première pour un Français depuis José Marajo en 1980 à Moscou) et son joli temps en demi (il a fini premier en 1'43''85), il peut jouer le podium.

Ce serait un exploit, puisque la dernière médaille tricolore sur la distance remonte aux JO de 1948 avec le bronze de Marcel Hansenne. De quoi permettre aussi à Pierre-Ambroise Bosse de gagner en crédibilité. 

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