JO : Olivier Krumbholz, l’homme qui a dû changer pour aider les Bleues

JO DE RIO 2016
RIO – De retour à la tête de l’équipe de France féminine de handball en janvier dernier, après en avoir été éjecté il y a trois ans, le sélectionneur tricolore a déjà réussi son pari en emmenant les Bleues en finale (ce samedi à 20 h 30, heure française). Une performance historique, qui doit énormément à la capacité d’Olivier Krumbholz à avoir su évoluer.

Qui a dit que passé un certain âge on ne pouvait plus changer les rayures du zèbres ? Pas Olivier Krumbholz en tout cas, dont tout le monde loue la métamorphose depuis son retour en équipe de France au début d'année. Parti fâché avec à peu près tout le monde après 15 ans de bons et loyaux services en 2013, le technicien est pourtant à nouveau encensé par ses joueuses à Rio. "Franchement, Olivier a été exceptionnel à la mi-temps du quart de finale (la France était menée de 7 buts par l’Espagne, ndlr) et aujourd’hui (jeudi, en demi-finale contre les Pay-Bas, ndlr) en faisant le changement de gardienne dans les 10 dernières minutes, explique Siraba Dembélé. Il nous a fait gagner ces matches".

Une science du jeu et du coaching que Krumbholz avait évidemment déjà lors de son premier passage (une médaille d’or mondiale et trois d’argent 2003, 1999, 2009 et 2011), mais sur la forme, le courant ne passait plus avec beaucoup de joueuses qu’il a pourtant sous ses ordres durant les Jeux. "Ce n’est plus le même homme, constate Valérie Nicolas, sa gardienne emblématique entre 1995 et 2008. Je crois que le fait d’avoir été exclu de l’équipe de France lui a fait ouvrir les yeux et lui a fait prendre du recul. Il est beaucoup plus cool maintenant".

"Elles ont voulu du changement, elles l’ont eu"

Très strict, le sélectionneur imposait alors beaucoup de règles à son groupe et communiquait son stress légendaire à son groupe. Aujourd’hui, "il est plus zen, plus serein, confirme Camille Ayglon, qui traverse donc les deux ères Krumbholz. Il y a plus d’échanges avec lui, on est presque en osmose avec le staff". Un fonctionnement nouveau qui doit aussi beaucoup au contexte dans lequel il a été rappelé en février dernier, pour remplacer un Alain Portes en manque de résultats. "Elles ont voulu du changement, elles l’ont eu, explique le sélectionneur. C’était leur volonté et leur défi de l’assumer".

Un souci de mettre les joueuses face à leurs responsabilités qui lui permet aussi de lâcher du lest. "Il sait que c’est leur aventure à elles, donc il met plus de distance, il est plus en retrait qu'à notre époque, poursuit Valérie Nicolas. Mais on ne l’a pas complètement changé non plus. Olivier reste un grand stressé qui passe des nuits blanches avant les matches". Sauf que cette fois, Krumbholz ne le fait pas payer aux Bleues.

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