JO : pourquoi les Experts gagnent toujours à la fin ?

JO DE RIO 2016
RIO – Annoncée comme la grande favorite de ce tournoi, l’équipe de France est fidèle au rendez-vous et disputera dimanche soir (19 h, heure française) sa troisième finale olympique d’affilée. Un exercice dans lequel les Bleus ont toujours excellé, eux qui n’ont plus perdu de match pour le titre depuis 1993.

 Parce que Claude Onesta
Trait d’union du règne quasi sans partage du handball français depuis plus de deux décennies, le sélectionneur tricolore, qui a tout de même pris le relais de Daniel Costantini en 2001, n’a jamais laisser filer une finale depuis qu’il est en poste. Ça ne veut évidemment pas dire que les Bleus ne perdent jamais sous ses ordres - ils n’ont par exemple été que cinquièmes lors du dernier Euro et ont fini sixième du Mondial 2013 – mais cela illustre quand même une vraie expertise dans la gestion de ces grands matches. Le secret de l’Albigeois ? De la lucidité sur les failles de son groupe pour les gommer jusqu’à la finale et une capacité à dédramatiser l’événement. Ainsi, sa grosse voix lui sert aussi à recadrer les hommes qu’à les installer en zone de confort. Avant le tournoi, Onesta avait évoqué une équipe de France capable d’alterner "l’insuffisant et le brillant", puis des Experts en mode "rouleau-compresseur". 

Parce qu’ils se sont adaptés
Bronzés (1992), Barjots (1993-1996), Costauds (2001-2008) ou Experts (depuis 2008), l’équipe de France a évidemment beaucoup changé depuis toutes ces années. Et à chaque fois avec la même recette : une ossature d’anciens et quelques petits nouveaux intégrés avec parcimonie. A Rio, la nouvelle génération des Timothey N'Guessan (24 ans, 24 sélections) ou Ludovic Fabregas (20 ans, 14 sélections) a répondu présent en jouant des bouts de match et faisant notamment jeu égal pendant une mi-temps avec le Danemark en poules. Nikola Karabatic avait d’ailleurs prévenu : "C'est vrai qu'on a beaucoup de jeunes joueurs mais ce sont loin d'être des novices. Tous jouent dans de grands clubs et beaucoup ont déjà gagné avec l'équipe de France". De quoi aussi permettre à Onesta de faire reposer les cadres. "L’équipe de France a toujours fonctionné comme ça, nous expliquait d’ailleurs Jérôme Fernandez, 390 sélections entre 1997 et 2015. A chaque compétition, on accueillait des petits nouveaux qui dépannaient et petit à petit, ce sont eux qui sont devenus les patrons". 

► Parce que les tauliers sont toujours là
Même s’ils ne sont plus que six champions olympiques de Londres présents à Rio (Thierry Omeyer, Luc Abalo, Michaël Guigou, Cédric Sorhaindo, Nikola Karabatic et Daniel Narcisse), les anciens ne sont pas là que pour servir de guides aux plus jeunes. Car sur le terrain, ils ont fait encore une fois la différence. 

Karabatic en mode guerrier lorsqu’il s’est agi de faire face à la pression du public brésilien en quart de finale, Narcisse en héros avec son but à l’ultime seconde face à l’Allemagne en demie et bien sûr l’infranchissable Omeyer dans ses cages. "C’est notre 'Titi national', explique Kentin Mahé (25 ans, 39 sélections). Savoir qu’il fera le bon arrêt au bon moment, sur les ballons importants, pour nous, c’est une bouffée de sérénité. Evoluer aux côté d’un joueur comme lui, ça me fait avancer". Ou le cercle vertueux des Bleus.

À LIRE AUSSI
>> Handball : de l'argent, des larmes mais "une grande fierté" pour les Bleues
>> Notre page spéciale JO de Rio 2016
 

Lire et commenter