JO : pourquoi Renaud Lavillenie n'a pas du tout digéré les sifflets du public brésilien

JO DE RIO 2016

RIO - Hué durant la finale du concours à la perche qui l'opposait au Brésilien Thiago Braz da Silva dans la nuit de lundi à mardi, le Français a perdu son titre olympique et son calme. Se sentant "insulté" par les spectateurs du stade olympique, Renaud Lavillenie a qualifié leur attitude de "honte" et piqué une grosse colère.

Vraiment pas content. Même plus d'une heure après sa défaite en finale du concours du saut à la perche, Renaud Lavillenie a buté sur 6,03 m puis 6,08 m, le recordman du monde de la spécialité (6,16 m en 2014) n'était toujours pas calmé. Et face aux journalistes en zone mixte, il n'a pas loupé le public brésilien du stade olympique, coupable de l'avoir sifflé alors qu'il affrontait sonchouchou et futur champion olympique Thiago Braz da Silva. "C'est normal de soutenir l'athlète de son pays. Mais pas en sifflant les concurrents, a notamment lâché le Français. C'est un total manque de respect envers nous et envers les valeurs de l'olympisme. J'ai pris ça comme une insulte. C'est vraiment une honte !"

Un peu plus tôt, juste à la sortie du concours, Lavellinie était même allé encore plus loin, voire trop, lorsqu'il a croisé le premier micro tendu : "La dernière fois qu'un athlète a été sifflé aux Jeux, c'était Owens (Jesse) en 1936"... Une référence très maladroite à cet athlète américain et noir, qui avait remporté la médaille d'or du 100 m lors des Jeux de Berlin, organisés par les nazis, et pour laquelle Lavillenie s'est ensuite excusé. 

Mais elle illustre quand même à quel point il a été choqué par les huées. Car il faut dire qu'en athlétisme, les sifflets n'arrivent pour ainsi dire jamais, à moins qu'un athlète ne se rende coupable d'un acte antisportif.

Les Brésiliens sont habitués au foot et au volley, deux sports où l'on n'épargne pas l'adversaire

"J'ai cru qu'on était pendant une séance de tirs au but d'un match de foot. Je n'avais jamais vu ça, confie à metronews Patrice Gerges, le DTN adjoint de l'athlé français. Normalement, le public supporte tout le monde, même si ça pousse un peu plus pour le champion local, c'est normal. Mais là..." Pas vraiment un pays où la culture de l'olympisme est grande, le Brésil, qui n'a remporté que 14 médailles en athlétisme aux JO depuis 1896..., ne vit en fait que pour le foot et le volley. Deux sports où les supporters n'épargnent pas l'adversaire.

La "Team Yavbou en a fait les frais face à la Seleçao quelques minutes après l'échec de Lavillenie la nuit dernière, et les handballeurs tricolores, qui affrontent les Brésiliens en quarts de finale mercredi, s'attendent aussi à être secoués. "On sait que ça va être chaud, expliquait notamment Luc Abalo, après la victoire des Bleus sur le Danemark. Mais on a l'habitude de faire avec des ambiances hostiles". C'est donc beaucoup moins le cas en athlé. 

EN SAVOIR + 
>>  "Les sifflets ? Une insulte, une honte"
>>  Un Brésilien prive Lavillenie de la médaille d'or en saut à la perche 

Lire et commenter