JO : qu’est-ce qui rend fou le parc olympique ? Pokemon Go ? Non, le troc de pin’s !

JO DE RIO 2016
RIO – Depuis le début des Jeux, un manège étrange occupe journalistes, volontaires et membres de l’organisation. En plein soleil, sous la pluie ou face au vent, des collectionneurs de pin’s olympiques s’adonnent chaque jour à leur passion et organise un petit marché.

Ne riez pas. Si le pin’s n’est plus du tout à la mode en France depuis la fin des années 1990, ailleurs, visiblement, la petite épingle a toujours la cote. Autour du parc olympique de Rio, c’est une certitude. Ainsi, lorsque vous arrivez au centre de presse principal des Jeux, un site de plusieurs bâtiments qui jouxtent ceux des compétitions dans le quartier de Barra de Tijuca, vous ne pouvez pas rater cet attroupement de personnes qui s’agglutinent autour de classeurs, de serviettes et de sac à dos posés à même le sol et sur lesquels sont punaisés un nombre impressionnants de pin’s.

Los Angeles 1984, Barcelone 1992, Pékin 2008 et bien sûr Rio 2016, ici on s’échange ces petites pièces de métal à l’effigie des JO, que les plus jeunes d’entre vous ont peut-être un jour fixées sur un t-shirt ou le revers d’une veste.

"C’est quelque chose de traditionnel à chaque édition des Jeux, explique à metronews, Dan Baker, un américain qui fait office de référent dans cette communauté de collectionneurs. Moi je fais ça depuis les JO de Lake Placid en 1980, c’est quelque chose de très addictif".

Les plus chers peuvent se vendre jusqu'à 20.000 dollars sur eBay !

Et chaque fois, c'est la même histoire, quelle que soit la ville-hôte : les premiers jours, seuls ceux qui ont déjà couvert les Jeux s’arrêtent aux stands de ces fous de la broche (d’ailleurs regroupés dans une association qui est reconnue par le Comité olympique) pour étoffer leur collection tandis que les non-initiés observent le manège avec d’un œil curieux. Puis, finalement, tout le monde se prend au jeu.

"Je ne savais pas du tout que ça existait mais maintenant, je suis fan. J’essaie d’avoir de nouveaux pin’s dès que je peux, nous confie Livia, une jeune volontaire brésilienne dont le cordon de son accréditation est bardé de plusieurs pin's. Tout le monde le fait, c’est très amusant".

Offerts, échangés ou vendus, si, pour certains, cette mode est un jeu, pour d’autres, c’est un véritable business. Sur eBay, par exemple, certaines pièces frôlent les 20.000 dollars (18.000 euros) pour les plus anciennes ou les plus controversées, comme ses broches qui datent des Jeux de Berlin 1936, organisées par les nazis…

"Mes pin’s les plus rares, ils sont bien en sécurité à la maison"

A Rio, les échanges n’atteignent évidemment pas ces sommets-là, même si on nous explique que "cinq pin’s de Rio, en valent à peine un de Pékin ou de Londres". Et lorsque ça vend, ce qui n’est pas règle et d’ailleurs interdit par le Comité olympique, les pin’s partent pour une trentaine réals brésiliens (environ 8 euros). Même si une rumeur affirme qu’un des collectionneurs a cédé une douzaine pièces contre l’équivalent de 1.000 dollars (894 euros).

"Je n’y crois pas trop, car cela voudrait dire que quelqu’un s’est déplacé jusqu’au parc olympique avec des pièces de valeurs. Ce n’est pas ce qui se fait généralement, nous explique cet autre collectionneur. Mes pin’s les plus rares, et donc les plus chers, ils sont bien en sécurité à la maison. Si quelqu’un veut m’en acheter, on ne fait pas ça ici". Car pendant les JO, le troc des pin’s n’est finalement qu’un jeu.

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