Martin Fourcade : "Je ne vais pas pleurer..."

Martin Fourcade : "Je ne vais pas pleurer..."

JEUX OLYMPIQUES - Malade, Martin Fourcade a décroché mardi sa troisième médaille à Sotchi, en terminant, pour quelques centimètres, deuxième de la mass start. "Quelque chose ne voulait pas que je sois trois fois champion olympique", a confié le biathlète de 25 ans et héros français de ces Jeux russes.

Etes-vous déçu de n'avoir pas eu votre 3e médaille d'or ?
Je n'ai pas à être déçu, ça s'est joué à rien . Le seul regret, c'est par rapport à ces problèmes au premier tir (une pénalité, ndlr). Ces trois balles me coûtent la victoire. Quelque chose ne voulait pas que je sois trois fois champion olympique, et ce n'était ni la météo ni les balles, mais finalement Emil (Hegle Svendsen). Je me suis battu comme un lion sur le dernier tour, j'ai donné plus que ce que j'avais. Je n’ai pas dormi de la nuit, parce que j'étais malade. C'est sûr que ça faisait une semaine que tout le monde me parlait de Killy. Ça aurait été un grand honneur mais je suis juste heureux de ramener une 4e médaille à la maison (avec l'argent sur la mass start de Vancouver 2010, NDLR). D'un côté, je suis déçu, mais de l'autre c'est un beau clin d'œil du destin que ce soit lui qui m'enlève cette 3e médaille d'or.

"Il ne sera pas là dans quatre ans, moi j'y serai"

Justement Svendsen est votre plus grand rival...
Ce n’est pas mon meilleur copain sur le circuit, c'est notamment notre rivalité qui nous empêche d'être trop proches. Il y a beaucoup de moqueries et de défis mais beaucoup de respect. Avant les Jeux Olympiques, il m'avait mis 4-4 sur Twitter (en référence à leurs victoires en Coupe du monde cet hiver, quatre chacun, NDLR), aujourd'hui je peux lui dire 2-1. Et je pense que le 2-1 est plus important que le 4-4 ! Ça se joue souvent à pas grand-chose avec Emil. En quatre ans, j'ai gagné 30 Coupes du monde, je suis 5 fois champion du monde, double champion olympique, double vice-champion olympique, je ne vais pas pleurer parce que je me suis fait battre au sprint par mon meilleur adversaire depuis quatre ans. Je pense qu'il ne sera pas là dans quatre ans, moi j'y serai.

Est-ce une fierté d'avoir lancé cette équipe de France ?
C'est un grand bonheur. On a eu un début un peu poussif, ça a pas mal ricané parce qu'il n'y avait que moi qui ramenait des médailles. Aujourd'hui, j'ai eu la chance de voir Pierre (Vaultier) avant ma course. Avec les fondeurs, j'ai été extrêmement heureux.

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