Pourquoi on n’a finalement pas tant vibré que ça pour la dernière course d’Usain Bolt aux Jeux

JO DE RIO 2016
RIO – A nouveau titré sur le relais 4 x 100 m dans la nuit de vendredi à samedi, le désormais nonuple champion olympique a donc définitivement refermé la page des Jeux, vu qu’il ne sera pas à Tokyo dans 4 ans. Une soirée évidemment historique mais qu’Usain Bolt n’a pas voulu faire basculer dans l’émotion.

Pour une fois, il n’en a pas fait des tonnes. Habitué à faire le show depuis 8 ans qu’il règne sans partage sur l’athlétisme mondial, Usain Bolt l’a finalement joué plutôt sobre pour sa dernière sortie sur une piste. En début de soirée, déjà, pour la remise des médailles du 200 m, le Jamaïcain n’a pas paru très enthousiaste au moment où il se faisait passer l’or pour la seconde fois autour du cou à Rio après le 100 m.

Le contraste avec Christophe Lemaitre, en bronze et médaillé pour la première fois aux JO, était en tout cas saisissant. Une question d’habitude des podiums, sans doute. Visiblement plus fatigué que lassé, "La foudre" a donc mené son jubilé olympique à son rythme. Tranquille. Evidemment, il a quand même eu besoin d’accélérer un peu pour conclure le relais jamaïcain et le mener pour la troisième fois d’affilée à l’or.

Niveau show et émotions, Bolt avait peut-être tout donné sur le 100 et le 200 m

Une neuvième médaille olympique, donc historique, qui a évidemment fait basculer le stade dans la liesse sans que le héros du soir ne change dans un premier temps le programme habituel de son après-course : chaussures enlevées, drapeau brésilien (ça c'était malin) sur les épaules, bras dessus, bras dessous avec ses petits copains du 4 x 100 m et le traditionnel tour d’honneur. Bref, rien de fou…. Quand, soudain, comme saisi par l’importance qu’aura ce moment lorsque Bolt se retournera sur son immense carrière, l’homme le plus rapide du monde fit quelque chose d'inhabituel. 

Casquette vissée sur le crâne, le roi du sprint s’est agenouillé pour embrasser la piste carioca. Ou le seul moment d’émotion avant que Bolt ne refasse du Bolt. Il est allé ensuite s’amuser quelques instants en tribune, avant de reprendre sa routine : zone mixtes, télés, radios , sites web, journaux puis conférence de presse. 

Une entrée en musique et quelques fous rire, mais toujours les mêmes phrases qu’il a répétées à chacune de ses victoires aux Brésil - "J’ai prouvé au monde que j’étais le plus grand" étant sa préférée - mais cette fois-ci mises à la sauce triple-triple.

Au final, on a quand même l’impression que niveau émotion, Bolt a tout donné dimanche dernier sur le 100 m. Et que pour le show, il avait déjà fait le job jeudi, après son 200 m, en s’estimant être à égalité "entre Ali (Mohammed) et Pelé". En même temps, pourquoi aurait-il eu besoin d’en faire beaucoup plus ? Ce n’était pas son pot départ (il est prévu au Mondiaux de Londres l’année prochaine) et ce n’est pas comme si c'était la première fois qu'il marquait l’histoire du sport mondial. 

À LIRE AUSSI
>>  Kévin Mayer, la nouvelle star de l'athlé français
>> Notre page spéciale JO de Rio 2016
 

Lire et commenter