Que va devenir le site olympique ?

Que va devenir le site olympique ?

Jeux Olympiques
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JEUX OLYMPIQUES – La quinzaine Olympique de Sotchi se termine ce dimanche soir. Les athlètes, entraîneurs et officiels vont peu à peu quitter les lieux. Mais, après les Jeux paralympiques, va se poser la question du futur du site. Un avenir qui s'annonce sombre et trouble.

Les Jeux olympiques de Sotchi ferment leurs portes ce dimanche soir. Si toutes les délégations soulignent la qualité de l'accueil russe durant la quinzaine, nombreuses sont les inquiétudes quant à l'avenir du site. Les gigantesques constructions érigées JO les plus chers de l'histoire, risquent de se transformer en gouffre financier pour la Russie, compte tenu des énormes investissements difficiles à rentabiliser.

L'aménagement de routes et voies de chemins de fer a porté le coût total de l'opération à 37 milliards d'euros pour cet événement international sans précédent en Russie depuis la chute de l'URSS. Mais que vont devenir tous ces bâtiments ? Dans le parc olympique en bord de mer, par exemple, le palais de glace Bolchoï (hockey) doit être transformé en centre omnisports, l'Iceberg (enceinte de patinage) doit être réaménagé au profit de la Fédération russe de cyclisme, et le bâtiment Chaïba (hockey) sera démonté puis transporté dans une autre ville russe, non précisée pour l'instant. Le stade Fisht accueillera des matches de la Coupe du monde de football en 2018, alors que le premier Grand Prix de Formule 1 organisé en novembre en Russie traversera le parc olympique, et la Russie compte organiser à Sotchi d'importants événements internationaux comme le G8 en juin.

"Putin-itogui", l'addition de Poutine

Mais selon un rapport rédigé par deux opposants russes, Boris Nemtsov (ex-ministre de Boris Eltsine) et Léonid Martyniouk, la plupart des installations olympiques seront inutilisées après les Jeux. "Compte tenu des frais d'entretien très élevés, de nombreuses infrastructures olympiques seront progressivement détruites", prédisent les auteurs du rapport "putin-itogui" (l'addition de Poutine), qui affirment en outre que jusqu'à 23 milliards d'euros du budget total des constructions pour les Jeux ont été détournés par des proches de M. Poutine.

L'oligarque Oleg Deripaska, dont la holding s'est endettée pour construire la station de  sports d'hiver de Krasnaïa Poliana, a déjà réclamé l'aide de l'Etat comme d'autres grands groupes qui ont massivement investi dans l'opération "JO". Ces groupes sollicités par l'Etat pour participer aux chantiers des JO réclament désormais un assouplissement des conditions de crédit de la banque publique Vnecheconombank, ce que le Kremlin a jusqu'ici refusé. Mais une clause précise que si les emprunteurs ne sont plus en mesure de rembourser, l'Etat récupèrera les infrastructures, difficiles voire impossibles à rentabiliser.

Des touristes, principalement russes, (très) attendus 

L'experte en immobilier Valéria Mozganova observe, elle, que les appartements construits spécialement pour les JO vont être difficiles à vendre ou à louer, dans la mesure où l'offre sur le marché immobilier de Sotchi était déjà supérieure à la demande avant les Jeux. Doté d'un nouvel aéroport international et d'un port pouvant désormais accueillir de grands navires de croisière, la ville de Sotchi espère attirer davantage de touristes, pour l'essentiel russes, dont une grande partie privilégie des destinations moins chères comme l'Egypte ou la Thaïlande.

En montagne, les hôtels de luxe construits pour les Jeux vont attirer une clientèle qui a les moyens et skie pour le moment à l'étranger, notamment dans les stations européennes, ajoute-t-elle. Mais si les nouveaux clients ne sont pas rapidement et régulièrement au rendez-vous, l'opération pourrait se transformer très vite en gouffre financier pour la Russie. Comme les JO d'Athènes qui ont plongé la Grèce dans la crise. 

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