Rio 2016 : le tennis a-t-il l'esprit olympique ?

JO DE RIO 2016

RIO - Alors que les tournois masculin et féminin ont débuté samedi, beaucoup de stars de la petite balle jaune ont préféré snober les Jeux. Pire, comme au golf, certains ont invoqué le virus Zika pour expliquer leur forfait, ce qui irrite les joueurs français, bien présents, eux.

Le moustique a eu bon dos. Excuse toute trouvée pour éviter la case olympique pendant en plein milieu de la saison, la peur, volontairement exagérée, du virus Zika a permis à certains grands noms du golf et du tennis (Milos Ranonic, Tomas Berdych...) de passer leur tour. Le point commun entre ces deux sports ? Des tournois toute l'année qui rapportent énormément, que ce soit financièrement ou en termes de points pour le classement individuel. "C'est un peu le même problème qu'avec la Coupe Davis, expliquait aux médias Gilles Simon jeudi dernier. Nous, on vient à chaque fois, comme aux Jeux, et on considère que c'est normal. Mais non, ça a un impact sur notre saison. Encore plus quand il s'agit d'être à Rio..."

Agacé par ceux qui ont invoqué Zika pour ne pas être là, le 31e joueur mondial qui n'a jamais la langue dans la poche poursuit : "Ce qui est dommage, c'est de mentir, de trouver une fausse excuse alors que ne pas faire les Jeux parce que ça ne rapporte pas de points, ça vaudrait le coup de le dire pour faire changer les choses. Car ce n'est pas normal, notre investissement n'est pas récompensé". Pire, si un joueur ou une joueuse tricolore avait décliné la sélection, les médias lui seraient très certainement tombés dessus en lui reprochant son manque de patriotisme... Alors comment réconcilier le tennis et l'olympisme, dans la mesure où les règles du circuit pro ne peuvent être appliquées au monde amateur des Jeux ?

"Si on me demande de choisir entre la médaille d'or et Roland-Garros, je choisis Roland"

"C'est vrai que les JO dans le tennis ont moins de valeur, confirme Gaël Monfils. Moi, si on me demande de choisir entre la médaille d'or et Roland-Garros, je choisis Roland... Mais les Jeux, leur histoire, la cérémonie d'ouverture, ça fait rêver ! Moi je suis heureux d'être là". Tout comme l'était d'ailleurs un Rafael Nadal tout sourire en porte-drapeau de la délégation espagnole au Maracana vendredi soir ou un Roger Federer (forfait à cause d'une blessure à un genou) lorsqu'il a remporté le titre olympique en double (avec Stanislas Wawrinka lui aussi blessé) à Londres en 2012. Un titre en or que Novak Djokovic aimerait lui aussi remporter et c'est d'ailleurs pour ça qu'il s'est engagé dans le double à Rio avec Nenad Zimonjic en plus du simple.

Preuve que l'olympisme a sa place dans le tennis, même si cela dépend beaucoup de l'histoire qu'a nouée le joueur avec l'événement et l'envie qu'il a de représenter son pays. Mais on est surtout dans un problème d'héritage pour un sport qui valorise plus un Grand Chelem qui se déroule pourtant chaque année plutôt qu'une médaille d'or décrochable seulement tous les quatre ans. Illustration de cet état de fait, Béryl Lacoste, petite-fille de René Lacoste (trois victoires à Roland-Garros, deux à Wimbledon et l'US Open dans les années 1920) n'a appris qu'à l'occasion de sa venue pour les JO de Rio que son grand-père avait été médaillé de bronze en double lors des JO de Paris en 1924.

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