Sotchi : Martin Fourcade tient parole

Sotchi : Martin Fourcade tient parole

Jeux Olympiques
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JEUX OLYMPIQUES - Martin Fourcade, 25 ans, est devenu champion olympique de la poursuite en biathlon, lundi à Sotchi. Le seul titre qui manquait à son immense palmarès.

Samedi, sa 6ème place au sprint avait arraché des grimaces à l'équipe de France. Ce lundi, il a remis les choses dans l’ordre en réalisant une démonstration à la poursuite . Comme un champion. D’entrée, le Catalan rend infernal le rythme de cette poursuite de 12,5km bouclée en 33’48’’. Un premier tour pour jauger les adversaires. Il prend son temps au tir couché et place ses cinq balles dans la cible. Calmement. C’est le dernier répit qu’il va laisser à ses rivaux.

"Je savais que ça se jouerait là quand je suis revenu tout de suite sur les gars en ski. La seule personne qui pouvait me faire perdre le titre, c’était moi." Ce n’est pas de l’arrogance, juste un constat. A l’issue du 4ème tir, avec un troisième sans-faute, il se relève en tête et se retourne vers la grande tribune et ses coaches. Bras droit levé, le visage radieux. "Je connaissais le poids de cette dernière balle. Si je la mettais, j’étais champion olympique. Sinon, au pied du podium. Je pars du pas de tir en me disant que je suis champion olympique mais il fallait le rester jusqu'au bout." Derniers frissons.

Martin Fourcade : "J’avais juste envie de le faire, voilà"

Six minutes et onze secondes plus tard, il l’est. "Ça fait quatre ans que je pense à cette médaille. Je sais qu’on peut dominer son sport pendant deux ans et ne pas ramener de titre olympique. Je n’avais pas peur de ne pas rentrer médaillé, j’avais juste envie de le faire, voilà." Quatre ans après l’argent de la course en ligne aux JO de Vancouver en 2010, le multi-médaillé mondial monte encore plus haut. Comme prévu, puisqu’il avait annoncé sans peur l’objectif en venant à Sotchi. "Je suis juste content d’avoir apporté ce titre à la France. Maintenant, il faut que je réalise", glisse-t-il d’une voix posée plus d’une heure après sa course. Et ravi "d’avoir partagé cette joie avec Jean-Guillaume".

Pour que la fête soit totale, son coéquipier Jean-Guillaume Béatrix est en effet venu se poser in extremis sur le podium, privant d’une petite seconde le grand Bjorndaelen d’une médaille de bronze. Tout un symbole. "Jean-Gui, c’est quand même mon meilleur adversaire depuis que j’ai 15 ans", rigole-t-il. En jeunes, Martin était souvent derrière son copain à l’arrivée. C’était avant. Avant qu’il ne devienne le n°1 mondial. Depuis 2002 et l’entrée de la poursuite en compétition olympique, au moins un Français est toujours monté sur le podium. Ce lundi, Fourcade et Béatrix ont entretenu la tradition. Ça a du bon. Il reste d'ailleurs quatre courses au premier, ici à Sotchi, pour garnir un peu plus son palmarès hallucinant, à l'âge de 25 ans, d'ici la fin des Jeux.

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