"À tout moment, on peut mourir" : des policiers témoignent du malaise au sein des forces de l'ordre

"À tout moment, on peut mourir" : des policiers témoignent du malaise au sein des forces de l'ordre

TENSIONS - Inquiets de l'augmentation de la violence qu'ils assurent constater sur le terrain, les policiers étaient rassemblés par milliers ce mercredi 19 mai devant l'Assemblée nationale, deux semaines après le meurtre du brigadier Eric Masson. Deux d'entre eux témoignent.

Ces deux policiers ne se connaissent pas. L'un et l'autre ont plusieurs années de métier à leur actif et beaucoup de terrain, notamment dans des brigades de nuit. Pour ne pas être reconnus, ils souhaitent rester anonymes. La violence et le risque, c'est leur quotidien. "Quand on intervient, à tout moment, on peut mourir", assure Ethan, policier dans le Var, sollicité dans le sujet en tête d'article. "On est à la merci de tous ces problèmes d'armes qui circulent, de missions qui tombent dans la banalité (...) On s'aperçoit que cela devient banal aussi de tuer un flic ou de l'écraser", ajoute-t-il. 

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Avignon : le policier Éric Masson tué lors d'une opération antidrogue

Joseph, également policier dans le Var et interrogé dans le même sujet, pense que les citoyens n'aiment la police que lorsqu'ils en ont besoin pour les défendre. Par contre, si les policiers "sont devant notre porte alors qu'on ne les a pas appelés, ils nous gênent", précise-t-il par la suite.

Adolescents, les deux policiers interrogés ont tous deux perdu leurs pères, tués en intervention. Ils comprennent donc le traumatisme vécu par la famille d'Éric Masson, leur collègue tué à Avignon. "Ce que vit la famille du collègue, je l'ai vécu à 100%", confie Ethan. 

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Aux Français, ils demandent de ne jamais oublier que derrière chaque uniforme, il y a une femme ou un homme : "Le policier, c'est un être humain, donc à partir du moment où il a voué sa vie au service des autres au péril de sa vie lui-même, peut-être que les citoyens pourraient avoir plus de compréhension dans la psychologie du policier (...) et ne pas forcément dire : 'il a un devoir d'exemplarité et s'il se loupe, je ne le louperai pas". Ces policiers, qui se sentent aimés ou détestés, ont le sentiment de ne jamais laisser indifférent. Plus de 35.000 personnes ont répondu à l'appel des syndicats de policiers, ont assuré les organisateurs. La préfecture de police n'a pas souhaité communiquer le chiffre de la participation.

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