Affaire Bygmalion : Nicolas Sarkozy de retour au tribunal... le temps d'un renvoi

Affaire Bygmalion : Nicolas Sarkozy de retour au tribunal... le temps d'un renvoi

JUSTICE – L'ancien président de la République et 13 autres prévenus doivent être jugés à partir de mercredi devant le tribunal correctionnel dans le cadre d'un "financement illégal de campagne électorale" datant de 2012. Le procès devrait être reporté pour des raisons de santé.

L'audience a commencé à 13h30 ce mercredi dans la salle 2.01 au 2e étage du tribunal judiciaire de Paris. C'est dans cette même salle, il y a quinze jours, que Nicolas Sarkozy a été condamné dans l'affaire dite "des écoutes" à trois ans de prison dont un ferme pour corruption et trafic d'influence, avant de faire appel. 

Pour ce nouveau procès de l'affaire dite "Bygmalion", l'ancien président encourt un an d'emprisonnement et 3750 euros d'amende pour "financement illégal de campagne électorale". Il est soupçonné d'avoir laissé filer ses comptes de campagnes au-delà de leur plafond légal malgré les avertissements des experts-comptables. Même s'il "ne se dérobera pas", Nicolas  Sarkozy a fait savoir qu'il n'assisterait qu'aux audiences le concernant. Il n'était d'ailleurs pas présent ce mercredi à l'ouverture de l'audience. 

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L'affaire Bygmalion

Toutefois, le procès, prévu jusqu'au 15 avril, a de fortes probabilités d'être renvoyé en raison de l'hospitalisation de l'avocat de Jérôme Lavrilleux, ex-directeur adjoint de la campagne 2012 de Nicolas Sarkozy. Positif au Covid-19, Me Saint-Palais a en effet dû être hospitalisé. Le tribunal examinera, dès l'ouverture de l'audience mercredi à 13H30, la demande de renvoi de M. Lavrilleux, à laquelle s'associent tous les avocats de la défense. Le parquet ne devrait pas s'y opposer. De nouvelles dates d'audience ont d'ailleurs d'ores et déjà été envisagées et devraient être proposées dès ce mercredi à  l'audience.

 Suivez le début de l'audience avec nos reporters sur place dans le live ci-dessous : 

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PROCES BYGMALION


Notre journaliste sur place, Marie Belot, vous fera vivre, depuis la salle d'audience, les premières minutes de l'audience. Une demande de report a été déposée par les avocats. Le procès sera-t-il ajourné ? 

Double comptabilité et fausse facture

L'affaire qui a été révélée il y a sept ans devrait donc être jugée quoiqu'il arrive cette année. C'est Jérôme Lavrilleux qui avait fait éclater au grand jour en 2014 le système de double comptabilité et de fausses factures mis en place pour dissimuler les dépassements de plafonds du compte du candidat.  

Au total, 14 personnes doivent être jugées dans cette affaire. Il s'agit d'anciens cadres de l'Union pour un mouvement populaire (UMP, devenue Les Républicains, partie civile au procès), des responsables de la campagne de 2012 et des dirigeants de Bygmalion, la société d'événementiel chargée d'organiser les meetings du candidat Sarkozy via sa filiale Event & Cie. Ils comparaissent pour "faux et usage de faux", "abus de confiance, escroquerie et financement illégal de campagne électorale", et "complicité ou recel de ces délits".

Selon l'accusation, l'ancien président "a incontestablement bénéficié" du système de fausses factures, qui lui a permis de disposer pour la campagne de moyens "bien supérieurs à ce que la loi autorisait". L'enquête n'a toutefois pas établi que le chef de l'État avait décidé de la mise en place du système, ni qu'il y avait participé ou même en avait été informé. Il est reproché au candidat Sarkozy de ne pas avoir tenu compte de deux alertes alarmantes des experts-comptables pendant sa campagne, en mars et avril 2012.

"Au moins 42,8 millions d'euros" de dépenses de campagne

Jean-François Copé, ancien patron de l'UMP et actuel maire de Meaux, a bénéficié d'un non-lieu dans cette affaire. Il sera entendu comme témoin pendant le procès et "répondra à l'ensemble des questions", a-t-il fait savoir par la voix de son avocat, Hervé Temime. "Je poursuivrai immédiatement en diffamation quiconque au sein du parti me mettra en cause", a averti Jean-François Copé dans L'Opinion.

Les proches de Jean-François Copé n'ont toujours pas digéré un long article du Point, publié en février 2014, qui accusait l'ex-secrétaire général de l'UMP d'"avoir organisé un détournement de fond à son profit" au détriment du parti, grâce à la "puissante machine de guerre" qu'était Bygmalion. Jean-François Copé a obtenu la condamnation du magazine pour cet article et ses partisans voient toujours la main des sarkozystes dans les "révélations" du journal.

Toujours proche de Jean-François Copé, Jérôme Lavrilleux est aujourd'hui retiré de la politique - il gère des gîtes en Dordogne.

Également sur le banc des prévenus, Guillaume Lambert, ancien directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, a assuré dans l'émission "Complément d'enquête" sur France 2 avoir directement prévenu l'ex-candidat sur les dépassements des frais. "Je lui ai indiqué la nécessité de faire des économies dans la campagne, de réduire un certain nombre de postes de dépense", a-t-il dit.

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Au total, selon l'accusation, les dépenses de la campagne du candidat Sarkozy se sont élevées à "au moins 42,8 millions d'euros", bien au-delà du plafond légal autorisé. En 2012, ce plafond était de 16,8 millions d'euros pour le premier tour et de 22,5 millions d'euros pour le second.

En juillet 2013, le Conseil constitutionnel, présidé alors par Jean-Louis Debré, avait rejeté les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, en estimant qu'ils avaient dépassé le plafond autorisé de plus de 300.000 euros.

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