Six équidés retrouvés morts en quelques jours : où en sont les enquêtes sur les chevaux mutilés ?

Six équidés retrouvés morts en quelques jours : où en sont les enquêtes sur les chevaux mutilés ?

FAIT DIVERS – En moins d'une semaine, six équidés ont été tués ou mortellement mutilés dans plusieurs départements français. Plusieurs enquêtes ont été ouvertes mais aucune d'interpellation n'a eu lieu à ce stade.

Dans l'Orne, en Gironde, dans le Tarn, dans le Gard et dans l'Hérault. En une semaine, cinq départements ont connu les désormais tristes faits divers touchants des chevaux. Et pour certains, ce n'est pas une première… 

"Nous en sommes à redouter chaque jour un nouvel événement malheureusement. Comme à chaque fois, ces équidés ont été la cible d'un ou plusieurs individus et ont été mutilés, de leur vivant ou post-mortem", indique une source proche de l'une de ces affaires à LCI. Plusieurs enquêtes ont été ouvertes pour ces faits récents mais n'ont donné lieu pour l'instant à aucune interpellation. 

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Le mystère des chevaux mutilés

Œil arraché, oreilles coupées, vulve prélevée…

Ainsi, mercredi 18 novembre, un cheval, qui était dans un champ avec quatre autres équidés a été retrouvé mort et mutilé à Vacquières dans l'Hérault. Une funeste première pour le département. L'œil et l'appareil génital de l'équidé ont été prélevés de manière chirurgicale selon plusieurs sources. La nature de ces mutilations exclut "qu'elles soient le résultat d'un acte animal", a précisé le procureur-adjoint de la République de Montpellier, Jacques-Philippe Redon, en milieu de semaine.

Dans le Tarn, ce sont deux chevaux ont été retrouvés morts en deux jours. Jeudi 19 novembre, un cheval présentant de graves mutilations, avec notamment deux oreilles coupées, un œil et la mâchoire arrachés, a été découvert dans un pré à Busque. Le parquet de Castres a ouvert une enquête. Le lendemain, à Ambres, une jument a été retrouvée avec les deux oreilles coupées et de plaies multiples au niveau du ventre. 

Samedi 21 novembre, la propriétaire du centre équestre La Grange, à Beychac-et-Caillau, à 30 km à l'ouest de Bordeaux (Gironde) a annoncé la triste nouvelle sur les réseaux sociaux : "Nous avons malheureusement été victime d'actes de cruauté... (...) Bébé Ganja a perdu la vie.... Les chevaux ont été mis en sécurité, ils sont sous surveillance jour et nuit". Lundi, le parquet de Bordeaux a indiqué que la jument, retrouvée inerte et couchée sur le flanc présentait de "multiples mutilations". "Une mamelle a  été coupée et toute la vulve et l'anus ont été prélevés, manifestement par une intervention humaine au regard de la précision de la découpe", a relevé le parquet.

Ce 21 novembre également, à Perche-en-Nocé  dans l'Orne, une jument appartenant à un propriétaire privé a été retrouvée mutilée et morte dans une prairie en bordure de route. François Coudert, procureur de la République d'Alençon, a fait savoir lui  "qu'au vu des blessures, il y a eu l’intervention d’un tiers". 

 

Dimanche enfin, à Laval-Saint-Roman, dans le Gard, un cheval a été retrouvé mort d'une balle dans la tête. Une enquête a été ouverte et la thèse d’un tir accidentel ne semble pas être la piste privilégiée par les gendarmes de la compagnie de Bagnols-sur-Cèze, chargés de l’affaire.

"Difficile de ne pas en parler"

La multiplication de ces atrocités commises dans toute la France a suscité la psychose chez les propriétaires et les éleveurs. En août dernier, Marianne Dutoit, présidente de la Fédération nationale du cheval, indiquait à LCI : "Depuis cet été, ces agressions à répétition sont montées en puissance et se sont rapprochées dans le temps. C'est pour cela que nous avons décidé, côté Fédération nationale du cheval et Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) d'en parler le moins possible". 

SI tout le monde est d'accord sur ce point, la consigne semble complexe pour beaucoup à respecter. "Tous les éleveurs, les propriétaires en parlent entre eux. Et quand un événement se produit, les gens sont tellement choqués par ces horreurs que forcément, le bouche-à-oreille va vite et les affaires sont médiatisées", indique une source proche de l'un de ces dossiers à LCI.

"J'ai prêté mon champ à une éleveuse pour qu'elle puisse y mettre ses chevaux. Mais depuis ces affaires, j'angoisse la nuit. Et même le jour maintenant, déclare Flora à LCI indiquant qu'elle ne veut "même pas" que notre rédaction indique le nom de sa commune, redoutant que cela attire les auteurs de ces violences. Ici, tout le monde fait des rondes. Les forces de l'ordre bien sûr, mais aussi les propriétaires et les habitants. Personne n'a envie de retrouver un animal en souffrance ou mort dans son pré. Tant que les criminels n'auront pas été arrêtés, on aura peur".

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Près 200 enquêtes ouvertes et une proposition de loi

Depuis le début de ces affaires, 200 enquêtes ont été ouvertes sur une vingtaine de départements. Celles-ci sont centralisées depuis le début de l'année par l'Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP). Plusieurs interpellations ont eu lieu dans le cadre des investigations mais à chaque fois les suspects ont été relâchés à l'issue de leur garde à vue et laissés libres faute de preuve. Le mystère sur ces faits demeurent malheureusement entier à cette heure et toutes les pistes sont étudiées : défis lancés sur les réseaux sociaux, dérives sectaires, mimétisme, haine des équidés, rites sataniques...

Le 15 septembre, les députés LR, Damien Abad et Eric Woerth, ont déposé une proposition de loi visant à durcir les sanctions pénales contre les auteurs d'actes de cruauté envers les animaux. "Tout laisse à penser qu'à ce jour la sévérité de la sanction pénale ne dissuade pas suffisamment les auteurs de ces barbaries", estiment ainsi dans un communiqué publié il y a deux mois le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée et Eric Woerth, député de l'Oise et ancien maire de Chantilly. Aujourd'hui fixée à deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende, elle serait relevée au niveau de celle existant pour le vol d'animaux, soit trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende.   

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