L'affaire des sondages de l'Élysée arrive au tribunal avec Guéant et Buisson, mais sans Sarkozy

Ouverture du procès des sondages de l'Elysée

FLASHBACK - Presque une décennie après la fin de la présidence de Nicolas Sarkozy, les années du quinquennat 2007-2012 vont revenir sur le devant de la scène pendant quelques semaines, le temps d'un procès devant le tribunal judiciaire de Paris. L'occasion de revoir les grands acteurs de cette affaire élyséenne, comme Claude Guéant ou Patrick Buisson.

Parmi tous les dossiers jugés ou en cours, relatifs à Nicolas Sarkozy ou à ses proches, se souvient-on encore de ce qu'on appelait alors "l'affaire des sondages de l'Élysée" ? Douze ans après le rapport de la cour des comptes qui allait la déclencher, les acteurs de l'affaire seront jugés à partir du 18 octobre et pour trois semaines, devant la 32e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. Parmi eux Claude Guéant ou Patrick Buisson, mais pas Nicolas Sarkozy, protégé depuis le départ par son immunité présidentielle. Cité comme témoin, l'ancien chef de l'État a fait savoir qu'il n'entendait pas "déférer" à cette convocation.

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Au départ de "l'affaire des sondages", il y a un rapport de la Cour des Comptes en 2009, qui épinglait une convention signée par l'Élysée au profit de Publifact, la société du conseiller venu de l'extrême droite, et qui murmurait alors à l'oreille de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson. Une plainte de l'association anti-corruption Anticor avait suivi, mais trois ans de batailles de procédure avaient différé le début de l'enquête judiciaire. Si l'affaire avait mis en lumière de nombreux sondages commandés par l'Élysée pour des sujets ne relevant pas de l'intérêt public le plus immédiat (comme la popularité d'opposants ou l'image de Carla Bruni dans la perspective d'un mariage avec Nicolas Sarkozy), ce ne sont ni la quantité, ni le contenu de ces études d'opinion, qui font l'objet de poursuites. 

Les audiences à venir vont en fait se concentrer sur la façon dont les contrats ont été signés avec les sociétés de Patrick Buisson et du politiste Pierre Giacometti, ainsi qu'avec plusieurs instituts de sondages dont Ipsos : une dépense totale de 7,5 millions d'euros, réalisée en l'absence de publicité et d'appel d'offres, ce qui signe, pour le Parquet national financier (PNF), du favoritisme.

Patrick Buisson, le conseiller de l'ombre

Patrick Buisson est aussi soupçonné de "détournement de fonds publics" : conseiller rémunéré de l'Élysée, il aurait livré des sondages à sa libre appréciation. L'accusation en a compté 235, achetés puis revendus avec des marges de 65 à 71%, pour un bénéfice d'1,4 million d'euros. Pour son avocate, "il était établi, selon une coutume qui vaut loi, que (...) l'Élysée n'était pas soumis au code des marchés publics". Florence Rault, plaidera la relaxe de son client, comme les conseils de tous les prévenus. Patrick Buisson sera également jugé, et il le conteste aussi, pour abus de biens sociaux : il aurait, selon l'instruction, fait endosser 180.000 euros de dépenses personnelles à ses propres entreprises.

Claude Guéant, le fidèle lieutenant

Le procès de "l'affaire des sondages" voit également revenir au tribunal l'ex-bras droit de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, déjà condamné à un an de prison ferme dans l'affaire des "primes en liquide" du ministère de l'Intérieur, et mis en examen dans celle du financement libyen présumé de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Lors de la période qui ressurgit à partir de demain devant la justice, Claude Guéant était secrétaire général de l'Élysée. C'est à ce titre qu'il est poursuivi pour favoritisme et détournement de fonds publics par négligence. Son avocat, Philippe Bouchez El-Ghozi, a annoncé sa ligne de défense : "Peut-on vraiment faire un appel à concurrence, quand un président de la République a d'ores et déjà choisi un conseiller en qui il a confiance ?".

Un grand absent

Sur le banc des accusés prendront également place Pierre Giacometti, ancien d'Ipsos, pour recel de favoritisme ; l'ancien conseiller Julien Vaulpré pour favoritisme, comme Emmanuelle Mignon, ex-directrice de cabinet. Enfin, seront également jugés les instituts de sondage Ipsos, Publifact, Publi-Opinion et No Com. Du côté des parties civiles, l'avocat d'Anticor, Jérôme Karsenti, pointe en direction du grand absent du procès, lequel pose, selon lui la question de "la manière dont Nicolas Sarkozy a [utilisé] l'Élysée et les moyens de l'État dans son intérêt personnel, se souciant avant tout de son image et de son éventuelle élection au mépris des règles de droit".

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