Affaire Grégory : Villemin, Laroche, Jacob, Bolle... qui sont les protagonistes de cette tragédie familiale ?

36 ans après la mort du petit Grégory, l'enquête est à nouveau relancée, selon des informations obtenues par "Le Parisien". Une technique novatrice, la stylométrie aurait permis d’identifier le corbeau. Explications.

PORTRAITS - Qui sont les protagonistes de l'affaire Grégory qui demeure l'une de grandes énigmes policières françaises ? LCI revient sur les clans Jacob, Laroche et Villemin.

Trente-six ans après l'assassinat du petit Grégory, l'enquête semble à nouveau relancée. De nouvelles demandes d'expertises ADN ont en effet été formulées par les parties civiles ce mercredi, quelques semaines après l'audition de plusieurs témoins. "Nous avons soumis à la chambre de l'instruction (de la Cour d'appel de Dijon, où est instruit le dossier) différentes demandes à caractère scientifique", a déclaré à l'AFP Me Thierry Moser, l'un des avocats des parents de Grégory, Christine et Jean-Marie Villemin.

Selon une source proche du dossier, les demandes portent notamment sur "une recherche d'ADN de parentèle" ainsi que sur la possibilité, à partir de matériel génétique, de dresser le "portrait robot" d'une personne, par exemple "la couleur des cheveux, des yeux". Toujours selon cette même source, les investigations pourraient être menées à partir de l'ADN déjà présent dans le dossier, comme celui décelé "sur des timbres, sur des vêtements ou sur les cordelettes" utilisées pour ligoter le petit garçon. 

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L'affaire Grégory

Un rebondissement qui relance pour la énième fois une affaire considérée comme l'un des plus spectaculaires naufrages judiciaires et médiatiques du siècle écoulé. Une affaire familiale aussi, puisque plusieurs membres de la famille Villemin ont été soupçonnés tour à tour du meurtre du petit Grégory. 

LCI revient sur l'histoire des principaux protagonistes de cette affaire, tous membres d'une même famille.

Grégory, le fils

Grégory Villemin, 4 ans et demi, disparaît le 16 octobre aux alentours de 17h alors qu'il joue dans le jardin de la maison familiale. Son corps est découvert dans la rivière Vologne le jour-même, à 6 km du domicile familial de Lépanges (Vosges). L'enfant, retrouvé les pieds et les mains ligotés par une cordelette, avait disparu quelques heures plus tôt. Plusieurs années d'enquête et d'instruction n'ont toujours pas permis d'identifier son assassin.

Jean-Marie, le père

Jean-Marie Villemin, ancien contre-maître à l'usine de pièce de voitures Autocoussin à Lépanges-sur-Vologne, est le père du petit Grégory. Jean-Marie Villemin a toujours tenu son cousin, Bernard Laroche, pour responsable du meurtre de son fils et avait même annoncé son intention de le tuer à la sortie de son travail en février 1985. Un peu moins de deux mois plus tard, il mettra ses menaces à exécution en abattant d'un coup de fusil son cousin. Un crime pour lequel il a été condamné à 5 ans d'emprisonnement le 16 décembre 1993.

Christine, la mère

Christine Villemin, ancienne ouvrière à la Manufacture de confection vosgienne, est la mère de Grégory. Le 5 juillet 1985, Christine est accusée du meurtre de son fils. Pour preuves : une étude graphologique et des cordelettes identiques à celles ayant ficelé Grégory retrouvées dans la cave familiale. Elle est mise durant quelques jours en détention préventive avant d'être disculpée. Durant ce laps de temps, plusieurs articles de presse l'avaient imaginé en mère infanticide, voire en complice ou maîtresse de Bernard Laroche (voir plus bas). Des accusations jugées "romancières" par l'enquêteur Etienne Sesmat dans son livre.

Le(s) corbeau(x)

Au cours des nombreuses investigations, les enquêteurs se sont longuement penchés sur un mystérieux "corbeau" ayant revendiqué le meurtre en invoquant une "vengeance", en particulier dans une lettre postée apparemment avant la découverte du corps. Plusieurs dizaines de suspects avaient alors dû faire des dictées, sans succès. Quelques années plus tôt, entre 1981 et 1983, la famille Villemin avait reçu des milliers d'appels téléphoniques malveillants d'un ou de plusieurs corbeaux dont au moins 800 adressés aux parents de Grégory.

Bernard, le cousin

Bernard Laroche est le cousin germain de Jean-Marie Villemin. Un temps suspecté du crime, après avoir été mis en cause par sa belle-sœur Murielle Bolle (voir plus bas) en novembre 1984, Bernard Laroche avait été inculpé d'assassinat et écroué, avant d'être remis en liberté en février 1985, faute de preuves. Les gendarmes avaient notamment évoqué la piste de la jalousie envers la réussite professionnelle et familiale de son cousin pour expliquer le geste présumé de Bernard Laroche. Il est abattu d'un coup de carabine par Jean-Marie Villemin le 19 mars 1985.

Murielle, la belle-soeur du cousin

Murielle Bolle est la belle-sœur de Bernard Laroche. À l'époque âgée de 15 ans, l'adolescente avait témoigné contre son beau-frère, l'accusant d'avoir fait monter le petit Grégory dans sa voiture et d'en être descendu avec lui sur les lieux où il pourrait avoir été jeté dans la Vologne. Deux jours plus tard, elle se rétracte et innocente Laroche. Ce ne sera pas suffisant pour disculper son beau-frère, qui sera notamment inculpé suite à la première étude graphologique de la lettre de revendication du corbeau. Selon un cousin, elle se serait rétractée à l'époque des faits après avoir subi un lynchage familial. Ce qu'elle continue de nier.

Le 29 juin 2017, elle est mise en examen pour enlèvement suivi de mort et placée en détention provisoire, avant d'être remise en liberté sous contrôle judiciaire. Une procédure qui a été annulée en mai 2018 pour vice de forme. 

Le grand-oncle et sa femme

Marcel Jacob est le grand-oncle du petit Grégory. Lui et sa femme Jacqueline ont été interpellés en juin 2017 dans le village d'Aumontzey, puis mis en examen pour enlèvement et séquestration suivis de mort. Ils sont soupçonnés d'être les corbeaux de l'affaire. À l'époque des faits, des expertises graphologiques avaient déjà désigné Marcel Jacob comme éventuel corbeau. De plus, son emploi du temps lors de la commission du crime était considéré comme incertain. Pour autant, l'homme n'avait jamais été inquiété judiciairement. Autre élément : ce dernier s'en était pris verbalement à Jean-Marie Villemin peu avant le crime, lui reprochant sa promotion de contremaître.

Comme pour Muriel Bolle, les mises en examen de Jacqueline et Marcel Jacob ont été annulées en mai 2018 pour vice de forme. 

La belle-soeur du père

Ginette Villemin (née Leconte) est la belle-soeur de Jean-Marie Villemin, le père de Grégory et l'épouse de Michel Villemin. Ce dernier, mort en 2010, s'était notamment constituée partie civile dans l'affaire. C'est elle qui, en juin 2017, a été arrêtée à Arches, dans les Vosges.

Les grands-parents

Monique et Albert Villemin sont les grands-parents du petit Grégory. En 1987, Monique Villemin - décédée en avril dernier - expliquait au micro de La 5 ne plus avoir de contact avec Christine Villemin et réclamait justice pour son petit-fils. Les grands-parents du petit garçon - dont l'état de santé ne permettait pas une garde à vue - avaient eux aussi été entendus en audition libre en juin 2017.

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