Affaire Karachi et financement occulte : Balladur relaxé, deux ans de prison avec sursis pour François Léotard

Affaire Karachi et financement occulte : Balladur relaxé, deux ans de prison avec sursis pour François Léotard

JUSTICE - La Cour de justice de la République a rendu sa décision ce jeudi sur des accusations de financement occulte visant l'ancien Premier ministre et son ex-ministre de la Défense, dans un volet de l'affaire Karachi.

Le procès d'Édouard Balladur et Fraçois Léotard s'était ouvert le 19 janvier dernier. Plus de 25 ans après la campagne présidentielle malheureuse d'Édouard Balladur, la Cour de justice de la République a rendu sa décision, jeudi 4 mars, sur des accusations de financement occulte visant l'ancien Premier ministre et son ex-ministre de la Défense François Léotard, dans un volet de l'affaire Karachi. Si Edouard Balladur a été relaxé, François Léotard a été condamné à deux ans de prison avec sursis et 100.000 euros d'amende.

L'accusation avait requis le 2 février un an de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende à l'encontre d'Édouard  Balladur, jugé à 91 ans pour "complicité" et "recel" d'abus de biens sociaux. Une peine de deux ans de prison avec sursis et 100.000 euros d'amende a été demandée contre François Léotard, 78 ans, poursuivi lui pour "complicité".

Le président de la Cour, Dominique Pauthe, avait commencé la lecture de son arrêt à 11h. 

Rétrocommissions illégales et contrats d'armement

Dans ce dossier, il était reproché à l'ex-Premier ministre d'avoir en partie financé sa campagne électorale de 1995 via des rétrocommissions illégales versées en marge d'importants contrats d'armement. Des "accusations grossières", basées sur des "théories délirantes", ont dénoncé les avocats d'Édouard Balladur, absent lors du réquisitoire et des plaidoiries de la défense. 

Pour le procureur général François Molins, l'ancien locataire de Matignon (1993-1995) connaissait "l'origine frauduleuse" des fonds ayant en partie alimenté son compte de campagne.  Malgré la "gravité des faits", le ministère public a demandé à la Cour de prendre en compte le temps écoulé et l'âge des prévenus.

Lire aussi

Édouard Balladur et François Léotard étaient également accusés d'avoir imposé à deux entités détenues par l'État - qui négociaient la vente de sous-marins et de frégates à l'Arabie saoudite et au Pakistan - un réseau d'intermédiaires "inutiles" aux commissions "pharaoniques", les contrats d'armement étant alors quasiment finalisés.

Selon l'accusation, une portion des quelque "550 millions de francs" (soit "117 millions d'euros") effectivement versés à ce réseau a alimenté en partie le compte de campagne du candidat Balladur, alors engagé dans une guerre fratricide à droite avec Jacques Chirac. Au cœur du dossier figure un dépôt en espèces et sans justificatif de 10,25 millions de francs (1,5 million d'euros) sur le compte - déficitaire - du candidat, trois jours après sa défaite au premier tour.

"La conscience parfaitement tranquille"

Édouard Balladur a toujours affirmé que ces fonds provenaient de dons de militants et de la vente de gadgets lors de réunions publiques. Pour l'accusation, il y a un "lien" entre cette somme et les espèces retirées à Genève quelques jours plus tôt par les intermédiaires "inutiles". 

Des "suppositions" sans "preuves", des "rumeurs", ont estimé les avocats d'Édouard Balladur et de François Léotard, qui ont plaidé la relaxe des prévenus.  Face à la Cour, ces derniers ont fermement nié toute infraction. 

"Je me sens la conscience parfaitement tranquille", a assuré Édouard Balladur lors de son interrogatoire, insistant longuement sur le fait que son compte de campagne avait été "expressément validé" par le Conseil constitutionnel, en octobre 1995.

Pour ses défenseurs, cette décision fait foi et les faits reprochés à Édouard Balladur sont donc "archi, complètement prescrits"

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Pourquoi le Chili se reconfine-t-il alors qu'il est le 3e pays le plus vacciné au monde ?

EN DIRECT - Covid-19 : les réanimations à nouveau en hausse, avec 5769 patients en soins critiques

Éruption de la Soufrière à Saint-Vincent : des milliers d'évacuations dans la panique

Vacances confinées : ces Français qui trichent (sciemment ou sans le savoir)

EN DIRECT - Mort de Philip : "Notre père nous manque énormément", confie le prince Charles

Lire et commenter