Affaire Duhamel : l'enquête classée sans suite pour cause de "prescription"

Affaire Duhamel : l'enquête classée sans suite pour cause de "prescription"

JUSTICE - Cinq mois après le début de l'enquête sur les accusations de viols sur mineurs contre le politologue Olivier Duhamel, le procureur de la République de Paris annonce "le classement sans suite de la procédure, en raison de la prescription de l'action publique".

L'enquête visant le politologue de renom Olivier Duhamel, qui a reconnu avoir agressé sexuellement son beau-fils "Victor" Kouchner lorsque ce dernier était mineur dans les années 1980, a été classée sans suite au seul motif que les faits sont prescrits, a annoncé lundi le procureur de Paris Rémy Heitz.

Cinq mois après l'ouverture d'une enquête pour "viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur mineur de 15 ans", "le parquet de Paris a procédé ce jour au classement sans suite de la procédure, en raison de la prescription de l’action publique", écrit le procureur dans un communiqué. "Ce motif de classement est retenu lorsque les faits révélés ou dénoncés dans la procédure constituent une infraction qui aurait donné lieu à poursuites de la part du parquet si le délai fixé par la loi n’était pas dépassé", explique le magistrat.

Lire aussi

Il avait reconnu les faits

En avril dernier, Olivier Duhamel, accusé d'avoir violé son beau-fils "Victor" Kouchner lorsque ce dernier était mineur dans les années 1980, a reconnu "difficilement" les faits lors de son audition devant les policiers, dans cette affaire qui a relancé le débat sur la prescription de l'inceste.

Les accusations contenues dans le livre "La Familia Grande" ont fait grand bruit depuis janvier : dans ce récit autobiographique, Camille Kouchner accuse son beau-père d'avoir abusé de son jumeau, surnommé "Victor", à la fin des années 1980.

Aujourd'hui âgé de 45 ans, "Victor" a déposé plainte contre M. Duhamel à l'issue de son audition le 21 janvier par la brigade de protection des mineurs. Fils de l'ancien ministre Bernard Kouchner et de la professeure de droit Evelyne Pisier (morte en 2017) qui s'était remariée avec Olivier Duhamel, "Victor" avait été interrogé dans une première procédure ouverte en 2011. Il avait alors refusé de déposer plainte pour ces faits, probablement prescrits. Camille et Bernard Kouchner ont également été entendus par les enquêteurs, tout comme la fille et le fils qu'Olivier Duhamel et Evelyne Pisier avaient adoptés dans les années 1980. Leur fils adoptif, trentenaire, a assuré aux policiers que le politologue n'avait pas abusé de lui. 

Libération de la parole

La publication du livre de Camille Kouchner a suscité une libération de la parole avec de nombreux témoignages sur l'inceste, notamment sur les réseaux sociaux, et un vaste débat sur la lutte contre ces violences.

Le 26 février, le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti avait écrit aux procureurs pour exiger une enquête systématique sur les révélations d'infractions sexuelles sur mineurs, même quand les faits étaient susceptibles d'être prescrits. Non seulement pour vérifier si la prescription était acquise, mais également pour identifier d'éventuelles autres victimes ainsi que pour permettre aux personnes accusées de s'expliquer.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Covid-19 : le nombre de patients hospitalisés repasse au-dessus de la barre des 7000

Renvoi du Premier ministre, accusation de "coup d'État", manifestations... Que se passe-t-il en Tunisie ?

EN DIRECT - Covid-19 en France : le nombre de contaminations près de 50% plus haut que mardi dernier

Le tableau des médailles des JO de Tokyo : la France 9e, le Japon en tête

Vaccination : il y a désormais "une décorrélation entre les hospitalisations et les diagnostics", affirme Olivier Véran

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.