Assassinat de Xavier Jugelé : "Ce procès est l'occasion de disséquer la chaîne qui a permis à Karim Cheurfi de tuer"

Assassinat de Xavier Jugelé : "Ce procès est l'occasion de disséquer la chaîne qui a permis à Karim Cheurfi de tuer"

JUSTICE – Quatre hommes âgés de 27 à 31 ans sont jugés depuis ce lundi et jusqu'au 18 juin par la cour d'assises spéciale de Paris, pour association de malfaiteurs terroriste pour l'un, pour détention ou cession d'armes pour les trois autres. Un procès qui se tient quatre ans après la mort du policier Xavier Jugelé sur les Champs-Élysées.

Ce lundi s'est ouvert devant la cour d'assises spéciale de Paris le procès de quatre hommes âgés de 27 à 31 ans jugés pour avoir vendu le fusil d'assaut à Karim Cheurfi, auteur de l'attentat terroriste qui a couté la vie au policier Xavier Jugelé, 37 ans,  le 20 avril 2017 sur les Champs-Élysées, à Paris. Trois des accusés se sont installés dans le box, le quatrième, qui comparait libre, sur un banc, face au président. Comme au procès Merah, comme au procès des attentats de janvier 2015 notamment, les auteurs de ces crimes sanglants font cruellement défaut.  

Toutefois, pour les parties civiles, ce procès a toute son importance, même en l'absence du terroriste, neutralisé sur la plus belle avenue du monde le soir des faits. "Une attaque terroriste, ça n'est pas simplement un opérateur, quelqu'un qui va au feu et qui va tuer au nom de l'islamisme, mais c'est aussi des gens qui l'ont rendu possible", a insisté Me de Montbrial, avocat de la famille de Xavier Jugelé, de son compagnon, et de ses collègues. "Ce procès va être l'occasion de disséquer la chaîne qui a permis à Karim Cheurfi d'aller tuer le policier Xavier Jugelé, avec une kalachnikov."

"Je n'ai rien à voir avec cette vente d'arme"

Invités par le président de la cour d'assises spéciale à prendre brièvement la parole pour décliner leur identité, les quatre membres présumés de "cette chaîne" ont d'abord tenu à rendre "hommage" à Xavier Jugelé, présentant pour certains leurs "condoléances" aux proches de la victime. 

Niant en bloc, le principal accusé, Nourredine A., 31 ans, a gardé la même ligne de défense que lors de ses quatre années de détention. "Je n'ai rien à voir avec cette vente d'arme, ni de près, ni de loin", a répété le trentenaire, cheveux bruns, costauds, debout dans le box. 

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Interrogé sur son casier judiciaire qui comporte 19 mentions entre 2004 et 2013, parfois à de la prison ferme, pour des délits de droit commun, l'accusé a estimé qu'il était "jeune" et "con" à l'époque. Nourredine A. est le seul des quatre accusés à comparaître avec la qualification terroriste. Les trois autres, âgés de 27 à 29 ans, sont, eux, jugés pour détention et/ou cession d'armes. 

"On veut absolument que quelqu'un paye"

Une spécificité que n'a d'ailleurs pas manqué de relever l'avocate de Nourredine A., Me Clarisse Serre, qui a rappelé qu'aucun des accusés n'était renvoyé pour "complicité". "Celui que nous défendons avec Me Jean-Baptiste Leclerc est le seul renvoyé pour association de malfaiteurs terroriste, mais il n'était absolument pas connu dans la chaîne de la radicalisation", a-t-elle souligné. "On a le sentiment qu'on veut absolument que quelqu'un paye après la mort du policier Xavier Jugelé, alors que celui qui l'a tué a été neutralisé", a ajouté l'avocate, considérant qu'on a fait de son client un "bouc émissaire" dans cette affaire, émaillée de "quelques loupés". 

En février 2017 en effet, deux mois avant l'attaque, Karim Cheurfi avait été placé en garde à vue sans être plus inquiété. "Pourquoi est-il ressorti libre alors qu'il avait été signalé à Marseille le 27 décembre 2016 alors qu'il recherchait des armes et alors que le 29 décembre de cette même année il avait pris contact avec un recteur de mosquée en indiquant ses projets de tuer un policier ? Pourquoi à ce moment les autorités ont-elles décidé de le laisser en liberté à l'issue de cette garde à vue dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Meaux pour 'association de malfaiteurs en vue de commettre un crime' ?" 

Un peu avant, dans la salle d'audience, le président de la cour, Laurent Raviot, avait, lui, rappelé que Karim Cheurfi avait été condamné en 2005 à 15 ans de prison pour tentatives d'assassinats sur personnes dépositaires de l'autorité publique. "Sa haine des policiers était connue de beaucoup", a relevé le magistrat lors de la lecture de l'ordonnance de mise en accusation. 

Mardi, au deuxième jour du procès, les avocats de la défense devraient justement interroger les enquêteurs de la DGSI et de la section antiterroriste sur cette remise en liberté.

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