Assassinat de Xavier Jugelé : "Karim disait que la police ne l'aurait pas vivant", assure le père du terroriste

Assassinat de Xavier Jugelé : "Karim disait que la police ne l'aurait pas vivant", assure le père du terroriste

JUSTICE – Le père de Karim Cheurfi, Salah Cheurfi, devait venir témoigner devant la cour d'assises mercredi 9 juin. Introuvable après plusieurs jours de recherche, le président a lu le contenu des auditions à l'audience.

Le mandat d'amener décerné à son encontre par le président de la cour d'assises mercredi 9 juin n'y a rien fait. Salah Cheurfi, père du terroriste Karim Cheurfi, devait témoigner ce jour au procès de quatre hommes jugé pour l'un pour "association de malfaiteurs à caractère terroriste" et pour "cession et/ou détention d'armes" pour les trois autres, à la suite de l'attentat commis le 20 avril 2017 sur les Champs-Élysées. Il n'est jamais venu à la barre. 

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Attentat des Champs-Élysées

Les proches de Salah Cheurfi ont indiqué jeudi 10 juin aux policiers que ce dernier serait aujourd'hui SDF. Le président a donc décidé, dans le cadre du procès, de faire lecture à l'audience ce vendredi 11 juin des auditions de ce dernier au cours de l'enquête. Entendu le 21 avril au lendemain de l'attentat terroriste au cours duquel le policier Xavier Jugelé, policier de 37 ans, a été assassiné et trois autres personnes, dont une touriste et deux collègues de la victime blessés, Salah Cheurfi avait alors déclaré aux enquêteurs être "anéanti" par le geste de son fils. Quelques heures plus tôt, il avait ramené la voiture à son fils et lui avait dit qu'il reviendrait le voir le soir même. 

"Il n'était plus sur terre"

Selon les déclarations de Salah Cheurfi, son fils Karim "n'était plus sur terre" depuis quelque temps. "Il passait son temps à jouer aux jeux vidéos. Parfois, il ne sortait pas pendant une semaine". Interrogé par les policiers sur le traitement que devait prendre son fils, Salah Cheurfi avait déclaré qu'il refusait de le prendre. "Il ne voulait pas prendre de psychotrope, il voyait sa mère qui en prenait et il ne voulait pas lui ressembler". Le père avait admis ne pas s'être "assez occupé" de sa progéniture et confié que la séparation du couple avait affecté son fils.

Quant à la radicalisation de son fils, elle est intervenue progressivement selon le père de famille en prison. Karim Cheurfi a été condamné en 2005 en appel à 15 ans de prison pour tentatives d'homicides volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique. "Il disait déjà en 2009 qu'il aimerait mourir en martyr [...] Il avait une vision de la vie négative, il disait qu'il valait mieux mourir en martyr que de vivre comme, selon ses termes, les mécréants", a détaillé Salah Cheurfi aux policiers.

Placé en garde à vue en février 2017 par la police après été signalé deux mois plus tôt à Marseille, puis à Montfermeil après avoir respectivement dit à un inconnu qu'il voulait "tuer des flics" puis cherché des armes auprès de fidèles de la mosquée, Karim Cheurfi en ressortira libre au bout de 24 heures. "Je pense que la garde à vue de Karim en février 2017 a été le point de départ de sa folie", a confié Salah Cheurfi aux enquêteurs, avant d'ajouter "Karim était déterminé, mais je ne sais pas ce qu'il voulait faire". Selon lui, Karim Cheurfi lui aurait dit à ce moment : "Ils ne me lâchent pas, ils vont bientôt voir". 

Le père avait vu le fusil de chasse mais n'a rien dit

Concernant la Kalachnikov utilisée par le terroriste le jour de l'attentat dans le VIIIe arrondissement de Paris, Salah Cheurfi a assuré aux enquêteurs ne jamais l'avoir vue. En revanche, il aurait aperçu "un mois" avant l'attaque le fusil de chasse retrouvé en possession du terroriste. Selon Salah Cheurfi, le fusil se trouvait dans un placard de la cuisine, dans un sac-poubelle. Quand les enquêteurs lui ont demandé pourquoi il n'avait alors rien dit, Salah Cheurfi avait répondu simplement : "Karim disait que la police ne l'aurait pas vivant, il se sentait persécuté par la police. Je n'ai rien dit quand j'ai vu cette arme (le fusil de chasse) car je ne pensais pas que ça irait si loin, qu'il tuerait quelqu'un. Il était mal dans sa peau". 

L'anéantissement tel que décrit par le père de Salah Cheurfi après l'attentat du 20 avril 2017 n'aura pas duré longtemps. 

Le président de la cour d'assises a ainsi rappelé ce vendredi que le soir du 28 avril 2017, une semaine après l'attaque, Salah Cheurfi s'était rendu devant le commissariat de Noisy-le-Grand (93) où il avait secoué les grilles avant de crier :"Si mon fils Karim ne l'avait pas fait, c'est moi qui aurais buté ce pédé de Xavier avril 2017". Il avait aussi ce jour-là menacé de mort plusieurs policiers ainsi que le maire de Chelles (Seine-et-Marne) qui refusait, selon lui, d'inhumer son fils.

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Le président a également rappelé que le 3 janvier 2018, les policiers avaient interpellé sur la voirie à Gagny (Seine-Saint-Denis) un homme en état d'ébriété avancé sur la voie publique qui leur avait dit : "Mon fils a bien eu raison, ce  n'est que le début. Vous méritez tous de mourir". C'était Salah Cheurfi. Jugé en comparution immédiate, il avait été condamné à Bobigny pour ces faits à 18 mois de prison dont 12 avec sursis pour apologie du terrorisme.

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