Assassinat de Xavier Jugelé : "Moi ta maman je ne te prendrai plus jamais dans mes bras", la lettre d'une mère à son fils

Assassinat de Xavier Jugelé : "Moi ta maman je ne te prendrai plus jamais dans mes bras", la lettre d'une mère à son fils

JUSTICE – Les proches du policier assassiné le 20 avril 2017 sur les Champs-Élysées ont témoigné ce jeudi au procès de quatre hommes dont l'un comparaît pour association de malfaiteurs terroristes en vue de la préparation d'un crime.

C'est une très belle lettre qui a été lue en début d'audience devant la cour d'assises spécialement composée au procès de quatre hommes jugés après l'attentat terroriste du 20 avril 2017 sur les Champs-Élysées. Cette lettre est celle de la maman de Xavier Jugelé, policier assassiné ce jour-là par Karim Cheurfi. 

La maman de Xavier Jugelé, très affectée par la perte de son fils n'est pas venue déposer à la barre ce jeudi comme l'ont fait d'autres proches de la victime. Dans cette lettre, elle explique comment, ce 20 avril 2017, elle a appris ce qu'il se passait sur la célèbre avenue du VIIIe arrondissement de Paris alors que des policiers venaient d'être visés. "J'envoie un premier sms à mon fils Xavier, sans réponse, le temps passe, pas de réponse, j'envoie un 2e sms, pas de réponse. Je me dis qu'il est trop occupé pour me répondre. Je fais l'autruche" relate-t-elle. Finalement, elle est confrontée à la terrible réalité. Son fils est mort, abattu de deux balles, dans le front, et dans la gorge. La pire chose qui puisse arriver à une maman, la mère de Xavier Jugelé vient alors de le vivre : "Moi ta maman je ne te prendrai plus jamais dans mes bras, écrit-elle dans sa lettre. (…) A jamais tu restes dans le cœur de Maman Xavier"

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"Le bonheur, il a pris un sacré coup dans la gueule"

Michel Jugelé, le père de Xavier, a lui souhaité assister et déposer au procès. "Je vous laisse à vous à qui c'est le métier de prendre des décisions" a dit cet ancien militaire à la cour. Puis il est revenu ensuite sur le parcours professionnel de son aîné dont il était très fier avant de confier qu'il se rendait "au moins une fois par semaine sur la tombe de son fils", en Sologne. 

"Le bonheur, il a pris un sacré coup dans la gueule comme on dit dans le jargon militaire" a confié le père du policier. 

 "J'ai confiance en l'État et en ses institutions. J'attends que le jugement soit ce que ces gens méritent. Je ne dis pas que ces gens sont des terroristes, je ne peux pas le prouver. Le coupable, il ne peut pas être jugé. On l'a dit, il n'est plus là. Sinon ce serait peut-être moi qui serais dans le box des accusés", a lâché le père de famille endeuillé. 

Yannick Jugelé qui lui a succédé n'a pas voulu parler de la relation avec son frère. "C'est personnel" a-t-il dit à la cour.  Puis il s'est adressé aux quatre accusés : "Quand on fournit une arme comme ça à une personne, on doit se douter de ses intentions" a-t-il insisté alors que les accusés contestent avoir connu le projet de Karim Cheurfi quand il a pris possession de la Kalachnikov. 

"Pour nous, c'est une fin du monde"

En couple avec Yannick Jugelé depuis six ans au moment des faits, pacsé à ce dernier, puis marié à titre posthume, Etienne Cardilès a été le dernier à déposer, alors que des photos de son époux étaient projetées à l'écran. Selon ce diplomate, l'attentat ce jour-là n'aurait pas dû se produire. "Si sa dangerosité (à Karim Cheurfi) n'était pas connue de tous, elle était connue d'un grand nombre" a-t-il rappelé à l'audience avant d'ajouter en marge de celle-ci : "On aurait pu certes éviter l'attentat si les services avaient réussi à se coordonner. Je voudrais que ces services, au titre du retour d'expérience, prennent acte  de ce qui n'a pas forcément fonctionné pour éviter qu'un tel événement ne se reproduise".

"Je n’ignore pas que, contre le principal auteur, grâce à l’action héroïque de cinq policiers, l’action publique est éteinte (...) En revanche, s’agissant des complices le nécessaire est à faire" a-t-il ajouté. 

Il expliquera après l'audience à LCI pourquoi il était essentiel pour lui, comme pour la famille de Xavier Jugelé, d'être présent aujourd'hui :" Il nous semblait important  d'aller jusqu'au bout dans la procédure, de ne pas laisser la justice faire son travail sans que l'entourage immédiat de Xavier soit représenté. Parce que bien entendu, pour la famille de la victime, pour ses parents comme pour moi, c'est une fin du monde, et c'est une vie qu'on doit réinventer".

Au sujet des trois accusés, Etienne Cardilès confiera : "Il y a des accusés dont je n'ai guère de doute sur la réalité de la complicité, parce qu'on les retrouve sur des ADN, on les retrouve sur une transaction autour d'une arme qui était le centre de leurs préoccupations et dont avec beaucoup de confort et beaucoup de légèrement, ils disent aujourd'hui n'avoir pas trop eu connaissance de la destination finale parce que ça les arrange bien entendu. Mais il va de soi que n'importe qui ne fait pas l'acquisition, fusse pour la revendre, d'une Kalachnikov. C'est aujourd'hui bien confortables pour eux (les accusés) de prétendre qu'il ne savait qu'on pouvait tuer avec une Kalachnikov"

Et de conclure : "J'attends de la justice aujourd'hui, c'est une condamnation franche de ceux qui ont joué un rôle dans ce circuit de fourniture des armes au terroriste qui a été abattu".

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