Le profil énigmatique de Jamel Gorchene, l'assaillant du commissariat de Rambouillet

Rambouillet : ce que l'on sait sur Jamel Gorchene, l'assaillant du commissariat

ENQUÊTE - Inconnu des services de police et de renseignement, ce Tunisien de 36 ans a tué une fonctionnaire de police dans le commissariat de Rambouillet avant d'être lui-même abattu. Comment s'est il radicalisé ? Le procureur antiterroriste donnera une conférence de presse ce dimanche matin.

"C'était un jeune calme et réservé." C'est ainsi qu'est décrit à l'AFP Jamel Gorchene, par ses proches, au lendemain de l'attaque mortelle à l'arme blanche, qu'il a perpétrée sur une fonctionnaire de police de Rambouillet. Vendredi 23 avril, ce Tunisien de 36 ans a assassiné de deux coups de couteau Stéphanie M., une agente administrative de 49 ans, dans le sas de ce commissariat des Yvelines, avant d'être lui-même abattu par un brigadier, selon les premiers éléments de l'enquête. 

Le père de l'assaillant, qui dit "tomber des nues", et deux autres personnes, l'ayant hébergé dans le Val-de-Marne, ont été placés en garde à vue. Les auditions se poursuivaient, samedi 24 avril, pour aider les enquêteurs à dessiner le profil de ce chauffeur-livreur, inconnu de la police et du renseignement. Ils doivent encore exploiter les éléments saisis lors de deux perquisitions réalisées aux domiciles du logeur à Thiais et du père à Rambouillet, où avait déménagé Jamel Gorchene. 

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Attaque terroriste au commissariat de Rambouillet

Des motivations qui restent floues

Arrivé en France en 2009, avec un diplôme de technicien en mécanique en poche, ce ressortissant tunisien, en situation irrégulière, avait obtenu depuis décembre 2020 d'une carte de séjour valable un an, selon le Parquet national antiterroriste (Pnat), qui a ouvert une enquête en flagrance des chefs "d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste". L'homme aurait effectué un "repérage", accréditant la préméditation, avant d'attaquer la victime, mère de deux filles de 13 et 18 ans, selon le procureur antiterroriste Jean-François Ricard. Toutefois, à cette heure, les motivations de son geste insensé demeurent floues. 

A priori sans histoire jusque-là, l'assaillant, parti en Tunisie au début du Ramadan ne souffrait d'aucun trouble psychiatrique connu. Parti en Tunisie au début du Ramadan, un de ses beaux-frères a indiqué à l'AFP qu'il était "dépressif" à ce moment-là. L'individu est originaire de M'saken, ville commerciale proche de la station balnéaire de Sousse, à l'instar de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, l'auteur de l'attentat au camion le 14 juillet 2016 à Nice, ayant fait 86 morts. Jamel Gorchene est présenté comme un musulman pratiquant. Un Coran a été retrouvé dans son scooter, et sur lui, dans un sac, un tapis de prière. Il n'aurait aucun lien, mis en évidence, avec la mouvance salafiste. Il n'y a pas non plus d'indication d'un quelconque élément déclencheur pour expliquer son acte.

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"Peut-être qu'il avait subi un lavage de cerveau"

Aucune lettre d'allégeance n'a été retrouvée. Dans son téléphone, en cours d'exploitation pour découvrir s'il avait un complice ou un commanditaire, les enquêteurs ont toutefois mis la main sur un nasheed, un chant religieux à la gloire de l'islam, désormais fréquemment utilisé pour la propagande djihadiste. Des témoins ont par ailleurs rapporté qu'il aurait crié "Allah Akbar", selon une source proche de l'enquête, citée par l'AFP. Sur Facebook, ses publications interrogent aussi. Depuis avril 2020, alors que la France était plongée en plein confinement, il ne publiait plus que de prières et des versets coraniques.

"Il n'était ni particulièrement religieux ni pieux", a déclaré à l'AFP Noureddine, un cousin de l'assaillant, qui reconnaît ne pas l'avoir vu depuis longtemps. "Quand j'ai entendu la nouvelle (l'attaque), j'étais étonné, mais tout est possible ! Tout peut arriver. Je ne sais pas ce qu'il faisait en France, qui il fréquentait, peut-être qu'il avait subi un lavage de cerveau", a-t-il ajouté. 

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Attaque à Rambouillet : l'émotion ne retombe pas

Les enquêteurs de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) s'emploient à préciser son parcours et ses motivations. Ils vont tenter de déterminer s'il a pu se radicaliser ou non et si oui, par quel biais. Les investigations doivent aussi leur permettre de faire la lumière sur d'éventuelles complicités, si des personnes l'ont aidé, encouragé dans son projet ou encore des contacts noués en ligne avec des membres de la sphère djihadiste.

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