Attentat de 1982 rue des Rosiers : un des quatre suspects présumés mis en examen en France

Attentat de 1982 rue des Rosiers : un des quatre suspects présumés mis en examen en France

JUSTICE - Presque quatre décennies après l'attentat de la rue des Rosiers à Paris commis en 1982, l'un des quatre attaquants présumés a été extradé de Norvège ce vendredi et mis en examen ce samedi en France.

38 ans après l'attentat de la rue des Rosiers à Paris, l'un de ses auteurs présumés, Walid Abdulrahman Abou Zayed, a été extradé en France par la Norvège ce vendredi. Visé par un mandat d'arrêt international émis par la France en 2015, le Palestinien, né en Cisjordanie, s'était installé dans le pays voisin européen en 1991, puis avait été naturalisé en 1997. 

Oslo n'avait pas donné suite à une première demande de Paris, antérieure à 2015, car elle n'extradait pas ses ressortissants. C'est suite à la récente entrée en vigueur l'an dernier d'un accord judiciaire avec l'Union européenne, que la Norvège a pu autoriser l'extradition d'Abou Zayed ce 27 novembre, avec un délai de dix jours pour exécuter sa décision.

La justice française le soupçonne en effet d'être "l'un des tireurs de l'attentat" de 1982 qui avait fait 6 morts et 22 blessés dans le quartier juif du Marais de la capitale. Ainsi, cette extradition est une première victoire. 

Arrivé à l'aéroport de Roissy, peu avant 20h, à bord d'un vol Air France en provenance d'Oslo, l'homme de 62 ans a été placé en centre de rétention administrative puis présenté à un juge d'instruction du pôle antiterroriste du tribunal judiciaire de Paris ce samedi. Mis en examen pour "assassinat" et "tentatives d'assassinats", le suspect est placé en détention provisoire. 

"Je n'aime pas la France. Je ne veux pas aller en prison en France", avait-il déclaré en septembre, lors d'une comparution devant la justice norvégienne. Il clame son innocence, assurant qu'il était à Monte-Carlo au moment de l'attentat. 

"Il doit payer" : un procès attendu par les victimes

Cette extradition ouvre la voie à un procès attendu de longue date par les victimes. "Toute la communauté tzigane attend ce procès depuis des années pour pouvoir boucler cette tragédie", a confié Steve Demeter, petit fils de George Demeter, pasteur de la mission évangélique des tsiganes de France tué dans l'attentat de la rue des Rosiers, à l'AFP. "Pendant 33 ans, on n'a rien eu, pas une preuve, pas un nom, rien. Ca mis du temps, mais ça va avancer. Aujourd'hui, oui, on y croit. C'est un combat, il faut continuer à se battre pour avoir un procès", affirme-t-il. 

"Un procès, oui, mon Dieu, c'est tout ce que je demande. Mais, je ne veux pas me réjouir trop tôt. Tout ce que j'espère, avant de mourir, c'est d'en avoir au moins un en face de moi lors d'un procès", poursuit Manuel Hezkia, fils d'André Hezkia Négio, également tué dans l'attentat. "Le message pour les trois autres salopards c'est : même si on a du mal, on n'oubliera jamais et on continuera jusqu'au bout", tonne l'homme de 61 ans. 

 

"Ils étaient quatre, au moins un répondra à la justice. Il doit payer", termine Elizabeth, 76 ans, qui avait 38 ans au moment des faits, et était serveuse au restaurant de Jo Goldenberg. 

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Mais ce jour-là, l'accusé n'a pas agi seul. C'est un commando de trois à cinq hommes qui a lancé une grenade dans le restaurant puis mitraillé l'intérieur de l'établissement ainsi que des passants. La justice française a ainsi émis trois autres mandats d'arrêts internationaux visant deux individus localisés en Jordanie et un troisième en Cisjordanie, également soupçonnés d'avoir préparé ou participé à l'attaque. La Jordanie a cependant refusé à plusieurs reprises d'extrader les deux suspects présents sur son territoire, dont l'organisateur présumé de l'attentat. Un procès qui restera, en cela, inabouti.  

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